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RSF réclame la remise en liberté du directeur de la Radio publique africaine


RSF voit dans la détention de Rugurika une tentative du gouvernement burundais pour museler la presse, explique Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF.

Evoquant une « persécution judiciaire », l’ONG Reporters sans Frontières (RSF) exige la remise en liberté immédiate de Bob Rugurika, le directeur de la Radio publique africaine (RPA).

La justice burundaise a confirmé mercredi les charges retenues contre le journaliste, emprisonné depuis le 22 janvier. Il n’aura pas droit à la liberté provisoire et sera jugé notamment pour « complicité d’assassinat », « manquement à la solidarité publique », « violation du secret d’instruction » et « recel de malfaiteurs ». Il risque jusqu’à 20 ans de prison.

RSF voit dans la détention de Rugurika une tentative du gouvernement burundais pour museler la presse, explique Cléa Kahn-Sriber, responsable du bureau Afrique de RSF. « Cette décision envoie un message de menace à destination des autres journalistes du pays et porte une atteinte grave à la liberté de l’information ».

La justice burundaise reproche à M. Rugurika les reportages de sa radio sur l’assassinat de trois religieuses italiennes en septembre dernier, pour des motifs non identifiés. Ces reportages ont mis en cause des agents du renseignement et de la police nationale du Burundi, ainsi que la confession d’un des présumés assaillants, toujours en liberté. « Des aveux qui mettent la police en délicatesse, cette dernière ayant affirmé avoir arrêté les responsables du triple meurtre », souligne RSF.

Autre source d’inquiétude pour l’ONG : les pressions sur la presse burundaises pourraient empirer à l’approche des élections prévues dans le pays en 2015

Le Burundi s’est doté en 2013 d’une loi sur les média vivement dénoncée par les ONGs de défense de la presse, dont RSF. Elle criminalise certains sujets de reportages, dont ceux liés à la sécurité nationale, et peut forcer les journalistes à révéler leurs sources. Le Burundi est relativement mal noté par l’ONG, puisqu’il occupe la 142e place sur 180 pays dans sonClassement mondial 2014 de la liberté de la presse.

M. Rugurika peut interjeter appel. Entre-temps, selon la PANA, le président de l’Union burundaise des journalistes (UBJ, syndicat), Alexandre Niyungeko, a déploré le maintien en prison d’un innocent.

« Nous allons continuer le combat pour que justice soit faite à Bob Rugurika et aux sœurs italiennes », a dit le président de l’UBJ.

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