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Roumanie : le drame dans la discothèque fait chuter le gouvernement


Le premier ministre roumain Victor Ponta quitte le siège du gouvernement à Bucarest après avoir annoncé sa démission, le 4 novembre 2015. Source : Reuters

Le premier ministre roumain Victor Ponta quitte le siège du gouvernement à Bucarest après avoir annoncé sa démission, le 4 novembre 2015. Source : Reuters

Sous pression depuis des mois à cause de ses déboires avec la justice, le Premier ministre roumain Victor Ponta a démissionné mercredi, quelques jours après l'incendie meurtrier d'une discothèque à Bucarest qui a traumatisé et révolté le pays.

"Je dépose mon mandat de Premier ministre", a annoncé le social-démocrate Victor Ponta dans une déclaration retransmise à la télévision. "J'espère que la démission du gouvernement va satisfaire les gens qui étaient dans la rue", a-t-il ajouté, en référence aux milliers de personnes qui avaient exigé sa démission la veille à Bucarest et dans plusieurs autres villes du pays. "Je ne peux que constater la colère légitime qui existe dans la société", a-t-il encore indiqué.

Un spectacle pyrotechnique lors d'un concert de rock a provoqué un incendie vendredi soir dans la discothèque Colectiv, au centre de la capitale.

Trente deux personnes sont mortes, près de 200 ont été blessées, selon le dernier bilan. "Cette tragédie a touché le nerf le plus sensible de la nation", a réagi le président conservateur Klaus Iohannis, selon qui "l'indignation des Roumains s'est transformée en une véritable révolte".

"Il a fallu que des gens meurent pour que le gouvernement démissionne", a-t-il déploré, estimant que les responsables politiques ont "compris trop tard qu'ils ne peuvent pas ignorer la volonté du peuple", qui attend des choses "de bon sens", dont le respect des lois.

Les trois patrons de la discothèque, accusés d'"homicide involontaire", ont été placés en détention provisoire mardi, mais les milliers de manifestants et les médias ont pointé une longue série de manquements à la règlementation de la part des autorités locales.

Le Parti national libéral (PNL, opposition), dont est issu le président, a appelé à des élections anticipées, "la solution la plus raisonnable et équilibrée, attendue par la société civile".

Mais le PSD a aussitôt rejeté un tel scénario, estimant que cela entraînerait une période d'instabilité. "Le PSD veut continuer à être le parti qui forme le gouvernement", a déclaré son chef de file Liviu Dragnea.

M. Iohannis a souligné qu'il exprimerait son opinion sur ces deux options après le premier round de consultations, qui devrait s'achever avant la fin de la semaine.

Les prochaines élections législatives sont normalement prévues en novembre 2016.

Avec AFP

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