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Novak Djokovic devient le maître absolu du tennis


Le Serbe Novak Djokovic embrasse la coupe de Roland-Garros, le 5 juin 2016.

Le Serbe Novak Djokovic embrasse la coupe de Roland-Garros, le 5 juin 2016.

Novak Djokovic détient désormais les quatre titres majeurs, exploit que seuls Donald Budge et Rod Laver avaient réussi avant lui.

L'Américain, en 1938, et l'Australien, en 1962 et 1969, avaient réalisé ces quatre à la suite en une saison, ce qui constitue le Grand Chelem. Le Serbe l'a fait à cheval sur deux saisons: Wimbledon et US Open 2015, Open d'Australie et Roland-Garros 2016.

Mais l'accomplissement suprême semble à porter de sa main, tant l'écart avec la concurrence est énorme. L'Écossais, balayé 3-6, 6-1, 6-2, 6-4, a pu le vérifier dans sa première finale sur la terre battue française.

A 29 ans, Djokovic compte douze titres du Grand Chelem à son palmarès. Trois hommes seulement se trouvent au-dessus de lui: Roger Federer (17), Rafael Nadal et Pete Sampras (14). L'Américain est à la retraite, le Suisse n'en est plus loin et l'Espagnol est blessé. La course à l'histoire continue et le Serbe pourrait bien en sortir vainqueur.

A sa 12e tentative

Son "Grand Chelem sur deux ans" le fait automatiquement entrer dans un autre club, à peine moins fermé, celui des champions possédant les quatre monuments du tennis à leur palmarès: ils sont désormais huit, dont cinq dans l'ère professionnelle (Laver, Federer, Nadal, André Agassi et lui-même).

Roland-Garros est le tournoi qui lui a résisté le plus longtemps (comme à Federer, jusqu'en 2009). Il en était à sa quatrième finale et à sa douzième participation. Personne n'avait attendu aussi longtemps pour soulever la Coupe des Mousquetaires. La pression était colossale sur ses épaules, surtout après sa déception de l'an passé contre Stan Wawrinka.

C'est pourquoi le champion s'est présenté extrêmement tendu sur le Central. Après avoir réussi un break blanc d'entrée, il s'est laissé aller à son péché mignon, le défaut d'initiative. Commettant quand même beaucoup de fautes (13), il a laissé filer le premier set.

Libéré après un set

Le retournement de situation a été aussi soudain que complet. Comprenant qu'il était en train de commettre la même erreur que l'an dernier, Djokovic a pris le jeu à son compte. Le nombre de ses points gagnants a augmenté (41 à 23 au total), celui de ses fautes a diminué et les jeux ont défilé, avec la complicité de l'Écossais, 2e mondial, bien trop passif dans l'échange et inefficace au service (50% de premières balles).

Plus rien n'a changé jusqu'à la fin. Libéré, le Serbe a confirmé son ascendant sur Murray, extrêmement net depuis deux ans: le Serbe a gagné 13 de leurs 15 duels depuis sa défaite en finale de Wimbledon en 2013.

La victoire du Britannique en finale de Rome, sa première sur terre battue contre Djokovic, avait semblé équilibrer le pronostic, d'autant que Murray avait éliminé avec autorité le tenant du titre, Wawrinka, en demi-finale. Mais l'impression était trompeuse.

Agressant son rival sur sa deuxième balle, finissant volontiers au filet, le N.1 mondial a fait le break au début des trois dernières manches pour s'envoler vers un succès au bout du compte très facile, après 3h03 min d'un tennis à sens unique qui a rarement fait se lever la foule.

Le Serbe s'est fait une frayeur lorsqu'il a perdu son service alors qu'il servait pour la première fois pour le titre à 5-2. Deux jeux plus tard, il concluait à sa troisième balle de match, non sans avoir, ultime coup de stress, fait une double faute sur la première.

"C'est un moment très spécial, peut-être le plus grand de ma carrière", a dit Djokovic, en français, au public qui l'acclamait. Il venait de tracer un coeur sur la terre battue, comme naguère "Guga" Kuerten, le chouchou de Paris.

Avec AFP

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