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Le roi du Maroc appelle à la "fin de l'économie de rente" au Sahara occidental


Mohammed VI à Laayoune, Sahara occidental, le 6 novembre 2015. (Palais royal du Maroc via AP)

Mohammed VI à Laayoune, Sahara occidental, le 6 novembre 2015. (Palais royal du Maroc via AP)

Mohammed VI est en visite depuis vendredi dans ce territoire contrôlé par le Maroc mais revendiqué par des indépendantistes. Il a annoncé de nouveaux moyens pour réaliser de "grands chantiers" et des "projets sociaux".

Le roi Mohammed VI a appelé à la fin de "l'économie de rente" afin de favoriser le développement du Sahara occidental, à l'occasion du 40e anniversaire de la "Marche verte" sur ce territoire contrôlé depuis par Rabat mais revendiqué par des indépendantistes.

"Aujourd'hui, après quarante années (...), nous voulons opérer une véritable rupture avec les méthodes adoptées dans la prise en charge des affaires du Sahara : rupture avec l'économie de rente et des privilèges", a-t-il dit dans un discours prononcé vendredi 6 novembre en fin de soirée de Laâyoune, la principale ville du territoire.

"Nous tenons à ce que les fils de nos provinces du sud disposent des moyens nécessaires pour gérer leurs propres affaires et montrer leur capacité à assurer le développement de la région", a fait valoir le souverain.

Il a annoncé la mobilisation de "tous les moyens disponibles pour la réalisation de grands chantiers et de projets sociaux", évoquant la construction d'une "voie express" de près d'un millier de km entre Tiznit (sud-ouest du Maroc) et Dakhla, ou encore d'une usine de dessalement d'eau de mer dans cette même ville, la deuxième du Sahara occidental.

"Les revenus des ressources naturelles continueront d'être investis au profit des habitants", a assuré Mohammed VI, à propos de cette région riche en phosphates et aux eaux très poissonneuses, dont l'exploitation est l'objet de controverses.

Ce discours fait écho à un plan de développement élaboré en 2013 par le Conseil économique, social et environnemental (CESE), qui prévoit de mobiliser sur 10 ans plus de 13 milliards d'euros, en favorisant l'investissement privé. Il s'inscrit également dans le projet de "régionalisation avancée" prôné par Rabat dans l'ensemble du royaume.

"La régionalisation avancée est une réponse par rapport aux besoins des populations (...) S'assumer, s'auto-gérer, attirer l'investissement, créer de l'emploi, valoriser ses richesses, donner de l'espoir aux jeunes...", a fait valoir à l'AFP le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar.

"Situation alarmante"

Dans le cas du Sahara occidental, "tout cela est une réponse préparatoire à une autonomie élargie", a-t-il souligné, en allusion au plan proposé depuis 2007 par le Maroc mais rejeté par les indépendantistes du Front Polisario.

Le roi Mohammed VI, dans le cadre d'une rare visite officielle, est arrivé vendredi soir à Laâyoune, pour une durée indéterminée - la presse marocaine parle d'au moins une semaine. Saluant la foule, il a parcouru en voiture la ville parée d'innombrables drapeaux marocains afin de marquer les 40 ans de la "Marche verte", organisée par son père Hassan II pour revendiquer l'appartenance du Sahara occidental au Maroc.

Quelque 350 000 Marocains avaient participé à cette marche au départ du colonisateur espagnol, en 1975.

Quatre décennies plus tard, ce vaste territoire d'un demi-million d'habitants continue toutefois d'être revendiqué par les indépendantistes sahraouis. Soutenu par Alger, le Polisario continue de réclamer un référendum d'autodétermination.

Un cessez-le-feu est en vigueur depuis 1991, et l'ONU compte une mission, la Minurso. Les efforts de médiation de l'émissaire Christopher Ross sont en revanche dans l'impasse.

Le secrétaire général Ban Ki-moon a appelé mercredi dernier à des négociations "dans les mois à venir", s'inquiétant d'"une situation de plus en plus alarmante".

Rabat fera face "avec fermeté à toutes les tentatives visant à contester l'exercice de la plénitude de ses pouvoirs sur son territoire" et "il se leurre celui qui attend du Maroc qu'il fasse toute autre concession", a rétorqué vendredi Mohammed VI.

AFP

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