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Réunion à l'ONU après un tir nord-coréen de missile balistique

  • VOA Afrique

Le secrétaire-général de l'ONU Antonio Guterres parle au Sommet mondial de la gouvernance à Dubai, aux Emirats arabes unis, le 13 février 2017.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir en urgence lundi après l'annonce par la Corée du Nord d'un tir d'essai réussi de nouveau missile balistique, perçu comme un défi lancé au nouveau président américain Donald Trump.

Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-Un "a exprimé sa grande satisfaction à posséder un autre puissant moyen d'attaque nucléaire qui renforce la formidable puissance du pays", selon l'agence de presse officielle nord-coréenne KCNA.

"Les dirigeants nord-coréens doivent se conformer à leurs obligations internationales et à la voie vers la dénucléarisation", a condamné le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres avant la réunion, qui doit se tenir à 22H00 GMT à la demande des Etats-Unis, du Japon et de la Corée du Sud.

"La communauté internationale doit continuer à gérer cette situation de manière unie", a-t-il ajouté.

La Chine et la Russie, membres permanents du Conseil de sécurité, se sont jointes au concert international de condamnations de ce dernier tir.

Les résolutions de l'ONU interdisent à Pyongyang tout programme nucléaire ou balistique. Depuis le premier essai nucléaire nord-coréen de 2006, le régime a essuyé six volées de sanctions qui ne l'ont pas convaincu d'abandonner ses ambitions militaires.

"J'espère que le Conseil de sécurité va se mettre d'accord pour une réponse forte et claire", a dit l'ambassadeur du Japon aux Nations unies, Koro Bessho, avant la réunion.

En 2016, la Corée du Nord a mené deux essais nucléaires et tiré une vingtaine de missiles dans sa quête des technologies qui mettraient le territoire américain à portée de ses missiles nucléaires.

Le dernier engin a été tiré dimanche de l'ouest de la Corée du Nord. Il a parcouru environ 500 kilomètres avant de tomber en mer du Japon, selon le ministère sud-coréen de la Défense.

Sur des images de la télévision nord-coréenne, on voit que le missile a été tiré presque à la verticale, que son moteur s'allume après le lancement et qu'il change de direction en plein vol.

Des photographies publiées par KCNA montrent Kim Jong-Un assister tout sourire à l'événement sous les encouragements de dizaines de soldats et de scientifiques.

Le numéro un nord-coréen a "personnellement guidé" les préparatifs du test, qui concernait, a dit KCNA, "un missile sol-sol de moyenne à longue portée Pukguksong-2", un "nouveau système d'armements stratégiques de style coréen".

Son moteur utilise du combustible solide, a ajouté KCNA. Cela raccourcit considérablement le temps de ravitaillement comparé aux missiles alimentés par du combustible liquide, a dit Yun Duk-Min, analyste à l'Institut des Affaires étrangères et de la sécurité de Séoul.

Ces missiles sont plus difficiles à détecter avant leur lancement par les satellites de surveillance, a-t-il expliqué. "Cela laisse peu de temps de préavis, si bien qu'ils représentent une plus grande menace pour l'adversaire".

C'est la première fois que le Nord parle du Pukguksong-2. En août cependant, il avait déclaré avoir mené un tir d'essai de Pukguksong-1 (ou "Etoile du nord") à partir d'un sous-marin.

Kim Jong-Un avait alors affirmé que ce missile mettait le Pacifique et le continent américain à portée du feu nucléaire nord-coréen.

Selon un responsable militaire sud-coréen, Pyongyang semble avoir fait appel à la technologie du "lancement froid" pour tirer le Pukguksong-2: le missile est éjecté initialement par une cartouche de gaz avant que le moteur ne s'allume, un procédé jugé plus sûr et plus facile à masquer.

Le Nord a plusieurs fois revendiqué des avancées militaires qui ont laissé les analystes sceptiques. Il affirme avoir mis au point un missile balistique intercontinental (ICBM) mais n'en a pour l'instant jamais testé.

Le missile à la portée la plus longue testé par Pyongyang est le Musudan, de portée intermédiaire, capable en théorie d'atteindre les bases américaines sur l'île de Guam, dans le Pacifique. Mais la plupart des essais se sont soldés par des échecs.

D'après Séoul, le tir de dimanche était destiné à tester la réaction du nouveau président américain Donald Trump. Celui-ci a promis au Japon, allié régional clé de Washington, son soutien "à 100%".

Le président américain a pressé Pékin, principal allié et partenaire commercial de la Corée du Nord, de faire plus pour restreindre son voisin.

A Tokyo, Yoshihide Suga, porte-parole du gouvernement, a jugé que la Chine jouait un rôle "extrêmement important", lui demandant une "action constructive".

Le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Geng Shuang a dit s'opposer aux tirs nord-coréens qui violent les résolutions de l'ONU.

Moscou a estimé qu'il s'agissait d'"une démonstration de mépris envers les résolutions du conseil de sécurité de l'ONU".

Avec AFP

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