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Le procureur requiert la prison à vie pour Simone Gbagbo


Simone Gbagbo lors de son procès, le 26 décembre 2014.

Le procureur général du tribunal d'Abidjan a requis la prison à vie contre l'ex-Première dame Simone Gbagbo, jugée pour crime contre l'humanité.

"Messieurs les jurés, vous déclarerez Mme Gbagbo coupable de crime contre l'humanité et de crime de guerre et vous la condamnerezà l'emprisonnement à vie", a déclaré le procureur Aly Yéo à l'issue d'une heure de réquisitoire.

Mme Gbagbo, dont la dernière apparition au tribunal remonte à fin novembre, était une nouvelle fois absente mardi.

Selon le procureur, "elle a commencé à s'imposer depuis l'accession de son époux (Laurent Gbagbo au pouvoir en 2000) "comme le véritable chef de la Côte d'Ivoire, de l'armée, de la police et de la gendarmerie".

L'ex-première dame de Côte d'Ivoire a été le chef d'une cellule de crise, "véritable organe décisionnel sur le plan sécuritaire", souligne le parquet général, sous la base des documents pris chez le couple présidentiel, lors de leur arrestation le 11 septembre 2011.

Selon le procureur, "elle a répondu à des correspondances de marchands d'armes qui lui proposaient des achats d'armes et d'hélicoptères de combat".

Le jury s'est retiré après le réquisitoire pour délibérer. Le verdict est attendu ce mardi.

Le procureur a requis en l'absence des avocats commis d'office de Mme Gbagbo qui réclament une "reprise totale du procès" en raison d'"irrégularités".

Mme Gbagbo est jugée pour son implication présumée dans des tirs d'obus sur le marché d'Abobo, un quartier d'Abidjan favorable à Alassane Ouattara - rival de son mari Laurent Gbagbo à la présidentielle de novembre 2010 - et pour sa participation à une cellule qui organisait des attaques menées par des milices et des militaires proches du régime.

Ces crimes ont été commis lors de la crise qui a fait plus de 3.000 morts en cinq mois dans le pays, après le refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire électorale de M. Ouattara.

Simone Gbagbo purge déjà une peine de 20 ans de prison pour "atteinte à la sûreté de l'Etat", prononcée en 2015. Son mari est jugé de son côté par le Cour pénale internationale (CPI) de La Haye pour des crimes contre l'humanité commis pendant la crise de 2010-2011.

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