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Républicains et démocrates engagés contre la pauvreté, divisés pour la combattre


President Lyndon B. Johnson évoquant pour la première fois la Guerre contre la pauvreté, le 8 janvier 1964

President Lyndon B. Johnson évoquant pour la première fois la Guerre contre la pauvreté, le 8 janvier 1964

A l’occasion du 50e anniversaire de la « Guerre contre la pauvreté », les législateurs républicains et démocrates ont réitéré leur engagement en faveur de ce combat, auquel ils comptent s’attaquer par des approches différentes. Le sénateur républicain Marco Rubio affirme que le gouvernement fédéral a échoué dans ses efforts pour mettre fin à la pauvreté, et il offre une nouvelle option, que les démocrates rejettent.

La guerre contre la pauvreté fut un programme phare de l’ancien président Lyndon Johnson, un démocrate. C’est en effet le 8 janvier 1964 que M. Johnson profitait de son premier discours sur l’état de l’Union pour rappeler que près d’un Américain sur cinq vivait dans la pauvreté, mais qu’il proposait une solution.
Le sénateur Marco Rubio (archives)

Le sénateur Marco Rubio (archives)


« Cette administration aujourd'hui, ici et maintenant, déclare la guerre inconditionnelle à la pauvreté en Amérique », déclarait M. Johnson. S’inspirant des objectifs du New Deal du président démocrate Franklin Delano Roosevelt, M. Johnson proposait un ensemble de mesures législatives. Le Congrès adoptait alors une loi établissant le Bureau des Opportunités Économiques afin d'administrer les applications locales des fonds fédéraux ciblant la pauvreté, ainsi que la loi sur la sécurité sociale de 1965 (Social Security Act de 1965), chargée de créer les programmes d’assurance santé Medicare et Medicaid, respectivement pour les personnes âgées et les nécessiteux.

Mais cinquante ans plus tard, environ un Américain sur sept vit toujours dans la pauvreté. C’est ce qui fait dire au sénateur Rubio que la guerre menée par le gouvernement de Johnson contre la pauvreté a échoué.

« Au lieu de favoriser une économie dynamique, de libre entreprise, le gouvernement fédéral est un obstacle majeur à l'entreprise et l'ingéniosité de notre peuple », a-t-il déclaré. Une nouvelle approche est nécessaire, ajoute-t-il. « Je propose de remettre aux Etats les programmes de lutte contre la pauvreté initiés par Washington, ainsi que les milliards qui leur sont consacrés », déclare le sénateur Rubio.

Mais les leaders démocrates du Congrès défendent les programmes du président Johnson visant à améliorer la nutrition, les soins de santé et à assurer une retraite aux défavorisé et aux personnes âgées.

« Cette guerre contre la pauvreté d’il y a 50 ans qui a été décriée, qu'a-t-elle accompli? La mise en place de Medicare, Medicaid , le programme Head Start, la Loi sur l'enseignement primaire et secondaire, qui pour la première fois engageait le gouvernement fédéral à aider les districts scolaires locaux, la loi sur l'éducation spéciale, la loi sur l'enseignement supérieur, qui a augmenté les subventions, les prêts et les possibilités d'études et de travail », a rappelé le sénateur démocrate Dick Durbin

Les analystes ne sont toujours pas d’accord sur l’impact de la guerre contre la pauvreté. Ron Haskins de la Brookings Institution affirme que le pays se porte beaucoup mieux que cela n’aurait été le cas en l’absence des programmes lancés par le président Johnson.

« Medicare et Medicaid, ces programmes incroyablement importants restent le cœur et l'âme de la politique sociale américaine, avec la Sécurité sociale Ils ont eu un impact dramatique sur les pauvres et sur les personnes âgées », affirme M. Haskins.

Par contre, Michael Tanner, de l’institut conservateur Cato, estime que les programmes n'ont fait que rendre la pauvreté plus supportable.

« La plupart de nos programmes sont conçus pour cibler des gens qui vivent dans la pauvreté et leur donner un peu plus d'argent afin qu'ils ne souffrent pas de la faim ou ne soient pas démunis. Mais ils ne se préoccupent guère des moyens de les sortir de la pauvreté », déclare M. Tanner.

Pour le président Obama, la pauvreté est la question clé de notre temps. Quant aux républicains et démocrates, ils s'affronteront probablement sur des questions telles que les allocations chômage, les bons d'alimentation et autres questions liées à la pauvreté au cours des prochain mois, vu que des élections partielles sont prévues en novembre 2014.
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