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Angola : coup de gueule d’Isabel dos Santos contre un projet de loi anti-IVG


Isabel dos Santos, fille du président angolais José Eduardo dos Santos et PDG de la compagnie pétrolière nationale, est opposée au projet de loi réprimant l'avortement en Angola, 9 juin 2016.

Le Parlement angolais a décidé de reporter sine die son vote final sur un projet de loi très controversé réprimant l'avortement qui a fait l'objet de vives critiques de la part de la propre fille du président José Eduardo dos Santos sur les réseaux sociaux.

Jeudi, le président du groupe parlementaire du parti au pouvoir (MPLA), qui dispose d'une majorité absolue de députés, a annoncé le report du vote final du texte initialement prévu le 23 mars.

"Nous avons besoin de consulter plus de personnes (...) c'est une question qui concerne toute la société", a justifié Virgilio de Fontes devant la presse.

Le mois dernier, le Parlement a voté en première lecture une réforme du Code pénal en vigueur en Angola, hérité de la période de la colonisation portugaise, qui punit l'interruption volontaire de grossesse de peines allant jusqu'à dix ans de prison.

Ce texte autorisait toutefois l'IVG dans certains cas, notamment lorsque la vie de la mère est en danger ou en cas de grossesse provoquée par un viol.

Sous la pression de l'Eglise notamment, ce texte avait toutefois été amendé et la version qui devait être votée en dernière lecture par les députés la semaine prochaine a retiré ces exceptions.

Ce revirement a provoqué une vive controverse en Angola.

La critique la plus spectaculaire est venue d'Isabel dos Santos, fille du chef de l'Etat et PDG de la compagnie pétrolière nationale.

Sur son compte Instagram, la "Princesse", ainsi que la désigne les Angolais, a fermement dénoncé mardi le projet de loi, qualifié de "criminalisation des femmes". "Je me sens humiliée en tant que femme, je suis en état de choc", a-t-elle écrit.

La sortie de celle qui est considérée comme la femme la plus riche d'Afrique a relancé le débat. Une manifestation contre le texte est ainsi prévue samedi dans les rues de la capitale Luanda.

Dans ce climat, le chef des députés MPLA a préféré suspendre sine die le vote du texte afin de procéder "à une nouvelle consultation de la société civile pour que le texte final soit plus consensuel".

Plus de neuf Angolais sur dix sont de religion chrétienne.

Avec AFP

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