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Le régime syrien reprend un fief rebelle avant les pourparlers de Genève


Deux bombes ont explosé à un checkpoint du gouvernement syrien dans la province de Homs, mardi 26 janvier 2016. (SANA via AP)

Deux bombes ont explosé à un checkpoint du gouvernement syrien dans la province de Homs, mardi 26 janvier 2016. (SANA via AP)

Les forces pro-régime se sont emparées lundi tard le soir de la ville de Cheikh Miskine dans la province méridionale de Deraa, près de la frontière jordanienne.

Le régime a repris une ville carrefour aux rebelles en Syrie à quelques jours des négociations de paix avec l'opposition qui doit décider mardi de sa participationà ces pourparlers appelés à trouver une solution au conflit dévastateur.

Appuyées par l'aviation russe, des combattants du Hezbollah libanais et d'officiers iraniens, les forces du régime se sont emparées lundi tard le soir de la ville de Cheikh Miskine dans la province méridionale de Deraa, près de la frontière jordanienne.

Il s'agit d'une victoire clé, la ville étant un carrefour stratégique menant au nord à Damas et à l'est à la ville de Soueida, toutes deux aux mains du régime, même si la majorité de la province de Deraa reste aux mains des rebelles dont ceux du Front Al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

Alliée indéfectible du régime intervenue le 30 septembre dans la guerre en Syrie, la Russie s'est félicitée du fait que son intervention avait permis aux troupes gouvernementales de reprendre du terrain aux rebelles.

"Les actions des forces aériennes russes effectuées à la demande des autorités syriennes ont vraiment aidé à renverser la situation et à réduire l'espace contrôlé par les terroristes", a dit le chef de la diplomatie Sergueï Lavrov à Moscou, en référence notamment au Front Al-Nosra et au groupe jihadiste Etat islamique (EI).

Au moins 22 morts à Homs

Mais les forces du régimes continuent de subir les coups des jihadistes avec un nouvel attentat suicide revendiqué par l'EI qui a fait au moins 22 morts, dont un grand nombre de soldats, dans la ville centrale de Homs.

La télévision d'Etat a parlé d'un double attentat contre un barrage militaire dans le quartier Zahra, parlant de 22 morts et de plus de 100 blessés. L'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH) a donné un bilan de 26 morts dont 16 membres des forces prorégime.

Face à une situation de plus en plus alarmante au niveau militaire et humanitaire, les grandes puissances cherchent à trouver une solution au conflit dans lequel sont impliqués plusieurs acteurs et protagonistes et qui a fait plus de 260.000 morts depuis mars 2011.

L'émissaire de l'ONU pour la Syrie Staffan de Mistura a annoncé pour vendredi des négociations indirectes entre le régime de Bachar al-Assad et l'opposition initialement prévues lundi.

Les invitations doivent être envoyées mardi par l'ONU aux parties prenantes aux pourparlers, les deuxièmes depuis le début de la guerre, qui doivent durer six mois.

Mais l'opposition, qui regroupe les principaux groupes politiques et rebelles, doit annoncer mardi à Ryad sa décision de participer ou non aux pourparlers après des critiques contre la composition de sa délégation.

L'opposition a désigné comme négociateur en chef, Mohamed Allouche, un chef du groupe armé rebelle pro-saoudien Jaich al-Islam, qui est la bête noire d'une partie de l'opposition de l'intérieur et de Moscou.

Dilemme sur une participation kurde

Autre point de discorde: la participation des kurdes, en pointe dans la lutte contre l'EI qui occupe de vastes territoires en Syrie.

Alors qu'ils sont exclus de la délégation de l'opposition, M. Lavrov a estimé que sans les Kurdes les négociations ne peuvent pas "donner de résultats". Mais la Turquie, hostile à M. Assad, s'est dite opposée à une présence du principal parti kurde syrien PYD aux discussions.

Sous pression pour faire démarrer les négociations au plus tôt, M. de Mistura a lui rappelé la nécessité d'inclure le plus grand nombre de personnes aux pourparlers, notamment des femmes et des représentants de la société civile.

Les pourparlers doivent porter sur une feuille de route votée en décembre 2015 par le Conseil de sécurité de l'ONU qui prévoit un cessez-le-feu, un gouvernement de transition dans les six mois et des élections dans les 18 mois.

L'opposition exige en outre le départ de M. Assad au début de la période de transition. Mardi, M. Lavrov a nié des informations selon lesquelles le présidentVladimir Poutine a demandé à M. Assad de partir ou lui a proposé un asile en Russie. "Ce n'est pas vrai", a-t-il assuré.

L'ONU et les capitales occidentales veulent essayer d'éviter un nouvel échec en Suisse, comme lors des précédentes négociations début 2014, alors qu'elles cherchent à renforcer leur lutte contre l'EI en Syrie et en Irak voisin.

Dans sa dernière vidéo de propagande, l'EI a montré combien la Syrie a été un lieu de transit et de formation notamment pour les auteurs des attentats de Paris, en novembre 2015 (130 morts).

AFP

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