Liens d'accessibilité

Reconstitution de tissus humains à partir de cellules de porc


Le Dr Stephen Badylak du centre médical de l'Université de Pittsburgh, directeur adjoint de l'Institut McGowan pour la médecine régénérative, tenant une feuille de "matrice extracellulaire," provenant de la vessie de porc.

Le Dr Stephen Badylak du centre médical de l'Université de Pittsburgh, directeur adjoint de l'Institut McGowan pour la médecine régénérative, tenant une feuille de "matrice extracellulaire," provenant de la vessie de porc.

Progrès significatifs des scientifiques qui explorent la possibilité de reconstruire des organes pleinement fonctionnels.

Nicholas Clark peut sauter à nouveau, malgré la perte d'une grande partie d’un muscle de sa jambe gauche dans un grave accident.

"En plus de la perte de masse musculaire, j'ai perdu beaucoup de nerf, de vaisseaux sanguins et autres tissus dans cette jambe. Elle est donc vraiment limitée à toute activité," a-t-il dit à La Voix de l’Amérique.

Son muscle a repoussé en grande partie, grâce à une thérapie innovante pratiquée au centre médical de l'Université de Pittsburgh, impliquant le prélèvement de tissus sur un porc, dépouillé de toutes traces de cellules animales. Ce que l’on appelle une matrice extracellulaire.

"La matrice extracellulaire est chargée avec les molécules de signalisation contrôlant un grand nombre de choses qui se passent dans notre corps. Elles contrôlent la croissance des tissus par exemple et les processus après une blessure", explique le docteur Stephen Badylak du centre médical de l’Université de Pittsburgh.

Quand nous perdons des tissus en raison d'une blessure ou d'une maladie, la matrice extracellulaire est également perdue, de sorte que le nouveau tissu n'a pas une feuille de route pour la repousse. Voilà ce que la matrice de porc fournit. Et que cela ne provienne pas de l’être humain semble sans importance.

"La composition ou les molécules qui constituent la matrice extracellulaire sont apparemment si essentielles à ces processus qu'elles ont été hautement conservées à travers l'évolution. Ainsi, les molécules de l’humain sont très semblables à celles du porc, du rat, et probablement du dinosaure dans une certaine mesure, tout au long de l'évolution", estime le docteur Badylak.

Le traitement de la matrice a notamment fait ses preuves dans le domaine du traitement de patients dont l'œsophage a dû être retiré en raison d'un cancer ou d'une blessure.

"Nous avons pu extraire toutes les cellules cancéreuses de l’œsophage et y adapter cette matrice à l’intérieur, encourageant ainsi la repousse d'un nouveau revêtement en bonne santé, et jusqu’ici, nous n’avons pas eu de cas de récidive du cancer", précise le scientifique.

Cette méthode est beaucoup moins chère que la thérapie de cellules souches. La matrice est disponible en différentes tailles et formes, hydratée ou sèche, et peut être commandée auprès des laboratoires spécialisés.

Les scientifiques disent que le prochain grand défi est de concevoir un organe entier, comme un foie ou des reins, en se basant sur le même principe.

Selon eux, les résultats sont plus que prometteurs.

XS
SM
MD
LG