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Réclusion à perpétuité contre Léon Mugesera


Léon Mugesera (à gauche) sort d'un tribunal à Québec, le 12 avril 2001, en compagnie de sa femme (au c.) et de sa fille (à dr.).

Léon Mugesera (à gauche) sort d'un tribunal à Québec, le 12 avril 2001, en compagnie de sa femme (au c.) et de sa fille (à dr.).

L'ancien responsable du parti du président rwandais assassiné, Juvénal Habyarimana, a finalement été condamné pour incitation au génocide après trois années de procès.

Le Rwandais Léon Mugesera, un ancien responsable du parti du président assassiné Juvénal Habyarimana, qui avait été extradé par le Canada en 2012, a été condamné à Kigali à la réclusion à perpétuité pour incitation au génocide des Tutsi en 1994.

"La Cour estime que M. Mugesera est coupable, il est un complice de ceux qui ont commis le génocide car il a directement incité à commettre le génocide et la torture constitutive de crime contre l'humanité, et incité à la haine ethnique", a déclaré le juge Antoine Muhima.

M. Mugesera, un linguiste qui avait au cours de son procès nié toutes les accusations formulées contre lui et argué qu'il vivait déjà au Canada lorsque le génocide a débuté, a immédiatement fait appel de ce verdict.

Les juges ont reproché à l'accusé, 63 ans, un discours anti-tutsi prononcé en 1992 dans l'ouest du Rwanda, à l'occasion d'un rassemblement de son parti. Les magistrats ont estimé que ce discours était un des éléments qui avaient amorcé le génocide: les Tutsi y étaient traités de "cafards" et les Hutu encouragés à les tuer.

L'assassinat en avril 1994 du président Juvénal Habyarimana, dont l'avion a été abattu par un missile à Kigali, allait déclencher le génocide d'environ 800.000 personnes, essentiellement membres de la minorité tutsie, tuées en quelques semaines, selon l'ONU.

Au cours de la procédure, M. Mugesera avait par ailleurs contesté l'authenticité de l'enregistrement du discours présenté par l'accusation, dénonçant des "anomalies". Son procès s'était ouvert en 2013.

Léon Musegera s'était installé au Canada en 1993 avec son épouse et ses enfants. Réclamé depuis 1995 par Kigali, il avait multiplié durant plus de 15 ans les recours judiciaires, sans pouvoir finalement empêcher son extradition vers le Rwanda en janvier 2012.

Avec AFP

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