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Recherches : le NIH exige l’intégration du sexe féminin


Les chercheurs devront intégrer des souris femelles dans leurs recherches

Les chercheurs devront intégrer des souris femelles dans leurs recherches

A partir du mois d'octobre 2014, les scientifiques américains dont les recherches sont financées par des fonds publics devront se mettre au féminin.

C’est un grand pas en avant pour les féministes, qui se battent depuis des années, voir des décennies, pour que la recherche médicale porte non seulement sur les hommes, mais sur les femmes.

A priori, on ne croirait pas que cet oubli des scientifiques pose un gros problème. Des cellules humaines sont des cellules humaines, après tout. Mais selon les Instituts nationaux de la santé (NIH), qui financent la part du lion de la recherche aux Etats-Unis, l’objectif est « de transformer la façon dont on fait de la science ».

Car jusqu’à présent, les études précliniques sur l’animal, préalables à tout essai clinique chez l’être humain, étaient le plus souvent réalisées sur des rongeurs mâles ou leurs cellules en culture. Les scientifiques devront dorénavant intégrer un deuxième sexe à leurs recherches, différent de celui des animaux et tissus sur lesquels ils travaillaient dans la très grande majorité des cas.

« En général, quand quelque chose marche, cela marche. Et c'est indépendamment du sexe masculin ou féminin. Donc, dans une certaine mesure, je ne m'attends pas à ce que cela fasse une grande différence », fait valoir Curtis Meinert de l’école de santé publique Bloomberg à l’université Johns Hopkins dans le Maryland.

Un point de vue qui ne fait plus l’unanimité, rappelle Phyllis Greenberger, présidente de la Société de recherche sur la santé des femmes (Society for Women's Health Research).

« Lorsque les chercheurs se sont penchés sur les différences entre les deux sexes, ils ont parfois trouvé que quelque chose fonctionne mieux chez un homme que chez une femme, ou l'inverse. Donc, il ne s’agit pas seulement d’une question de femmes. Il s’agit de vraiment comprendre le mécanisme d’une maladie », explique Mme Greenberger.

Dans les années 1990, les féministes avaient poussé le Congrès à adopter une loi pour forcer les chercheurs bénéficiant de fonds publics à intégrer le deuxième sexe dans leurs essais cliniques. Car jusqu’alors, on croyait que ce qui marchait pour les hommes conviendrait automatiquement aux femmes.

Aujourd’hui, on sait que ce n’est pas vrai, affirme Janine Austin Clayton, directrice du Bureau de recherché sur la santé des femmes aux NIH. Notamment, les femmes et les hommes réagissent différemment aux médicaments. Une dose qui conviendrait à un homme pourrait provoquer des problèmes chez une femme, explique le docteur.

« Nous voulons comprendre, pour que lorsque quelqu’un comme moi traite un patient - ma mère, votre père par exemple - je puisse mettre au point un traitement spécifique au patient, en me basant sur des données spécifiques à son sexe », affirme le Dr Clayton.

Par ailleurs, les symptômes de maladies varient entre les deux sexes – qu’il s’agisse de maladies cardiaques ou de problèmes oculaires. Donc, il est impératif de tenir compte de ces différences, poursuit le médecin.
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