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Réactions internationales après l'attaque chimique en Syrie

  • VOA Afrique

Un jeune homme qui aurait été touché par une attaque chimique, en Syrie, le 4 avril 2017. (Qasioun News Agency, via AP)

Le président turc Recep Tayyip Erdogan, la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, et le ministre français Jean-Marc Ayrault ont d'ores et déjà réagi après l'annonce de 58 morts et 170 blessés suite à une attaque chimique en Syrie.

L'ONU veut "clairement identifier" les responsables de l'attaque "chimique"

L'envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie Staffan de Mistura a assuré que l'ONU chercherait à "clairement identifier les responsabilités" et à faire "rendre des comptes" aux auteurs de l'attaque "chimique" dans le nord-ouest de la Syrie.

"De ce que nous comprenons, c'était une attaque chimique et elle était aérienne", a précisé M. de Mistura lors d'un point de presse à Bruxelles en marge d'une conférence internationale sur l'avenir de la Syrie.

Washington condamne une attaque chimique "intolérable", accuse Assad​

Des élus du Congrès américain appelaient mardi le président Donald Trump à réagir fermement contre le régime de Bachar al-Assad après une attaque chimique présumée sur une ville rebelle en Syrie qui a fait des dizaines de morts.

Ni la Maison Blanche ni le département d'Etat n'avaient officiellement réagi mardi en milieu de matinée à l'attaque, qui a provoqué l'indignation de nombreuses autres capitales, le régime syrien étant pointé du doigt.

"Assad est en train de tester le président Trump et notre secrétaire d'Etat, Rex Tillerson. Nous ne pouvons pas ne rien faire", a estimé le sénateur républicain John Kennedy sur CNN.

Le sénateur John Kennedy à Capitol Hill, Washington D.C., le 3 avril 2017.
Le sénateur John Kennedy à Capitol Hill, Washington D.C., le 3 avril 2017.

La Maison Blanche a dénoncé en début d'après-midi "l'attaque chimique (...) intolérable" menée selon elle par le régime de Bachar al-Assad sur une localité rebelle du nord-ouest de la Syrie qui a tué des dizaines de personnes.

"L'attaque chimique perpétrée aujourd'hui en Syrie contre des innocents, y compris des femmes et des enfants, est répréhensible", a déclaré Sean Spicer, porte-parole de Donald Trump.

"Cet acte odieux du régime de Bachar al-Assad est la conséquence de la faiblesse et du manque de détermination de l'administration précédente", a-t-il ajouté.

"Les Etats-Unis sont aux côtés de leurs alliés à travers le monde pour dénoncer cette attaque intolérable", a-t-il ajouté.

Jugeant qu'il serait "dans l'intérêt" des Syriens que Bachar al-Assad ne soit pas au pouvoir, le porte-parole de la Maison Blanche a cependant estimé qu'il n'existait à ce stade aucune véritable option pour un changement de régime.

Partisan de longue date d'un engagement plus musclé en Syrie, le sénateur John McCain a une nouvelle fois appelé le président américain à "armer l'Armée syrienne libre".

"Bachar al-Assad et ses amis, c'est-à-dire les Russes, font attention à ce que les Américains disent", a ajouté M. McCain. "Je suis sûr qu'ils se sentent encouragés par le retrait des Etats-Unis et les ouvertures vis-à-vis des Russes. C'est un nouveau chapitre honteux de l'histoire américaine".

Le parlementaire démocrate Eliot Engel s'est dit "horrifié" par l'attaque sur la ville de Khan Cheikhoun. "Maintenant que Donald Trump a mis la superpuissance mondiale sur la touche, j'ai peur de ce qui peut arriver au peuple syrien", a-t-il déclaré.

Une attaque "inhumaine" pour Erdogan

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré à son homologue russe Vladimir Poutine, lors d'un entretien téléphonique, que l'attaque "chimique" dans la matinée en Syrie était "inhumaine" et menaçait le processus de paix, selon des responsables turcs.

"Indiquant que ce type d'attaques inhumaines étaient inacceptables, le président Erdogan a souligné que celles-ci pouvaient risquer de gâcher tous les efforts fournis dans le cadre du processus d'Astana" visant à une fin du conflit, ont indiqué sous anonymat ces responsables au sein de la présidence turque.

Erdogan et Poutine lors d'une réunion le 10 octobre 2016.
Erdogan et Poutine lors d'une réunion le 10 octobre 2016.

MM. Erdogan et Poutine ont aussi convenu qu'il était "nécessaire de produire des efforts communs pour que se poursuive le cessez-le-feu" régulièrement violé, selon les mêmes sources.

L'opposition syrienne a accusé mardi le régime de Bachar al-Assad d'avoir mené une attaque chimique qui a fait des dizaines de morts, dont plusieurs enfants, dans un fief rebelle et jihadiste du nord-ouest.

La Coalition nationale, importante composante de l'opposition syrienne, a accusé le régime d'avoir utilisé des "obus contenant du gaz chimique" et exhorté le Conseil de sécurité de l'ONU de "convoquer une réunion urgente (...) et d'ouvrir une enquête immédiate".

L'attaque en Syrie "remet en cause" le processus de paix

L'attaque "au gaz toxique" qui a fait mardi une soixantaine de morts dans le nord-ouest de la Syrie "remet en cause" le processus de paix entre le régime et ses adversaires, a affirmé à l'AFP le négociateur en chef de l'opposition.

"Ce crime remet en cause l'ensemble du processus de paix (...) Si l'ONU est incapable d'empêcher le régime de commettre de tels crimes, comment faire réussir un processus politique en vue d'une transition (en Syrie)?", a demandé Mohammad Sabra, qui a représenté l'opposition au dernier round de négociations à Genève fin mars.

"Les Nations unies sont incapables de faire respecter leurs résolutions, notamment la résolution 2118 relative à l'utilisation d'armes chimiques", a-t-il regretté.

L'OIAC se dit "gravement préoccupée"

L'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) s'est dit "gravement préoccupée" après l'attaque "chimique".

L'organisation basée à La Haye "est gravement préoccupée par l'attaque présumée aux armes chimiques rapportée par les médias (mardi) matin à Kan Cheikhoun, région du sud de la province d'Idleb", a-t-elle déclaré dans un communiqué, affirmant "rassembler et analyser des informations de toutes les sources disponibles".

Mogherini: le régime syrien porte la responsabilité de "l'horrible" attaque chimique

Le régime de Bachar al-Assad porte la "principale responsabilité" de l'attaque "chimique" dans un fief rebelle et jihadiste du nord-ouest de la Syrie, qui a fait au moins 58 morts, a affirmé la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Federica Mogherini au Luxembourg, le 3 avril 2017.
Federica Mogherini au Luxembourg, le 3 avril 2017.

"Aujourd'hui, les nouvelles sont horribles", a déclaré Mme Mogherini à des médias en marge d'une conférence internationale à Bruxelles sur la reconstruction de la Syrie.

"Mais c'est un rappel tragique que la situation sur le terrain continue d'être dramatique dans de nombreuses parties de la Syrie", a-t-elle souligné.

"Evidemment la principale responsabilité repose sur le régime parce qu'il a la responsabilité de protéger son peuple et non de l'attaquer", a-t-elle déclaré.

Paris demande une réunion du Conseil de sécurité

La France a "demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité de l'ONU après une "nouvelle attaque chimique particulièrement grave" en Syrie, a annoncé le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault.

Jean-Marc Ayrault lors d'une conférence de presse, le 26 janvier 2017.
Jean-Marc Ayrault lors d'une conférence de presse, le 26 janvier 2017.

Dans un communiqué, le ministre condamne un "acte ignoble". "Les première informations font état d'un grand nombre de morts, y compris des enfants" dans la province d'Idleb, précise-t-il, en expliquant avoir "demandé la convocation d'une réunion d'urgence du Conseil de sécurité".

"L'utilisation d'armes chimiques constitue une violation inacceptable de la Convention sur l'Interdiction des Armes chimiques (CIAC) et un nouveau témoignage de la barbarie dont le peuple syrien est victime depuis tant d'années", ajoute le chef de la diplomatie française.

Avec AFP

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