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Les autorités congolaises remettent un arsenal antiémeute à la police


Photo d’archives : Des policiers face à un manifestant lors d'affrontements à Lubumbashi, en République démocratique du Congo, le 10 novembre 2015.

Photo d’archives : Des policiers face à un manifestant lors d'affrontements à Lubumbashi, en République démocratique du Congo, le 10 novembre 2015.

Cette décision du gouvernement de la RDC provoque l'inquiétude de défenseurs des droits de l'Homme à onze mois d'élections incertaines.

Les autorités de la République démocratique du Congo (RDC) ont remis mercredi un arsenal antiémeute à la police.

Le ministre congolais de l'Intérieur Évariste Boshab a remis ces matériels au général Charles Bisengimana, chef de la police, en présence de la presse.

Il s'agit de 5 véhicules à canon à eau, 5 véhicules blindés lanceurs de gaz lacrymogènes avec 9 tubes, des grenades assourdissantes, des cartouches explosives et en caoutchouc, des fusils antiémeutes, des lance-grenades antiémeutes et des pistolets à impulsion électrique.

Pour M. Boshab, les policiers sont désormais dotés de moyens leur permettant de minimiser les conséquences de leur action face à des manifestants.

Par ailleurs, le ministre a refusé de donner le coût et l'origine de ces matériels, évoquant le "secret défense".

Selon le général Bisengimana, un deuxième lot "plus important est en voie d'être acheminé" en RDC où le climat politique est très tendu.

"Nous sommes très, très inquiets de la présence de ce matériel et nous comprenons que le pouvoir prépare la violence contre les populations non armées", a déclaré à l'AFP Dolly Ibefo, directeur de l'ONG congolaise de défense des droits de l'Homme la Voix des sans-voix (VSV).

L'opposition accuse le président Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001 et dont le mandat expire en décembre, de chercher à tout faire pour se maintenir au pouvoir, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Réélu en 2011 à l'issue d'un scrutin marqué par des fraudes massives, M. Kabila a proposé la tenue d'un "dialogue national" qui tarde à venir, en vue d'"élections apaisées".

Mercredi, l'ONU s'est alarmée de l'"augmentation dramatique" des violations de droits de l'Homme dans le pays.

Selon la Monusco, les agents étatiques sont responsables de 49% des abus.

Le 19 janvier, près de 5.000 personnes ont manifesté à Bukavu pour réclamer la tenue de la présidentielle en 2016, mais à Kinshasa et Lubumbashi, la police a empêché les rassemblements que prévoyait l'opposition à la mémoire de quelques dizaines de morts de la répression d'émeutes contre le pouvoir en janvier 2015.

Avec AFP

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