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Enquête sur des soldats congolais soupçonnés de violence dans le parc des Virunga


Des combattants Mayi Mayi patrouillent dans le parc national de Virunga au nord de Goma, le 11 décembre 1996 (Archives)

Des combattants Mayi Mayi patrouillent dans le parc national de Virunga au nord de Goma, le 11 décembre 1996 (Archives)

L’enquête ouverte concernera des soldats soupçonnés d'avoir violenté des civils pour défendre les intérêts d'une société pétrolière qui opérait dans le parc du Nord-Kivu

"Le gouvernement (...) vient d'ordonner l'ouverture d'une enquête pour vérifier les allégations de voies de fait à l'encontre de citoyens congolais" concernant le détachement militaire "mis à la disposition" de l'entreprise britannique Soco, indique un communiqué officiel.

Cette annonce intervient après la publication, mercredi, d'un rapport de l'ONG britannique Global Witness.

Selon ce rapport, les hommes d'un major de l'armée postés dans le parc des Virunga, classé au patrimoine mondial de l'Unesco, se seraient rendus coupables d'intimidations et de violences contre des riverains opposés aux projets d'exploration pétrolière de Soco, et pourraient même avoir causé la mort de deux personnes.

Global Witness ajoute que le major, par ailleurs accusé de tentative de corruption au profit de Soco, a reçu en 2014 plusieurs chèques de cette entreprise pour un montant supérieur à 40.000 dollars. L'ONG n'accuse cependant pas Soco d'avoir "commandité ces menaces et ces violences".

Selon le gouvernement, la République démocratique du Congo (RDC) a "mis à la disposition de Soco un détachement militaire" jusqu'à fin 2014 après que l'entreprise eut demandé, en 2012, des "mesures particulières de sécurisation de ses installations et son personnel" après une "série d'incidents" causés par des groupes armés.

Mercredi, Soco a publié les conclusions d'une enquête menée à sa demande par le cabinet d'avocats Clifford Chance.

Selon Soco, l'enquête a conclu que les "accusations de corruption étaient largement inexactes" mais a "trouvé des exemples non documentés où ceux avec qui l'entreprise travaillait ont procédé à des paiements en contradiction avec la politique du groupe".

Kinshasa a octroyé à Soco en 2010 un contrat de partage de production pétrolière portant sur une concession à cheval sur une partie du parc des Virunga, la plus vieille réserve naturelle d'Afrique.

Soumis à une forte pression étrangère, le gouvernement a suspendu en 2011 le permis d'exploration mais l'entreprise a été associée à une "étude" décriée, destinée à estimer les effets d'une éventuelle exploitation pétrolière sur l'environnement.

Le parc des Virunga abrite plusieurs espèces animales menacées, parmi lesquelles le gorille des montagnes et l'okapi, une espèce de mammifères ruminants de la même famille que la girafe. Le parc figure depuis 1994 sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité en péril.

En mars, Kinshasa a indiqué vouloir trouver un terrain d'entente avec l'Unesco afin d'exploiter le pétrole potentiellement présent à l'intérieur de la réserve naturelle.

Avec AFP

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