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RDC : l’ONU déplore la fermeture d’un camp des déplacés dans l’Est


Des milliers de personnes déplacées vivent dans le camp de Mugunga 3, près de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, 19 Avril 2015. (Nicholas Long / VOA)

Des milliers de personnes déplacées vivent dans le camp de Mugunga 3, près de Goma, dans l'est de la République démocratique du Congo, 19 Avril 2015. (Nicholas Long / VOA)

Rein Paulsen, chef du Bureau de l'ONU pour la coordination des affaires humanitaires (Ocha) en RDC  qualifie de "punition collective" la décision de fermeture prise par les autorités locales.

Dans un communiqué de son agence, M. Paulsen déplore le démantèlement du site de déplacement de Mokoto, au Nord-Kivu, à environ 70 km au nord-ouest de Goma, la capitale de cette province de l'est de la RDC déchirée par les conflits armés depuis plus de vingt ans.

"Je regrette la manière dont ce démantèlement s'est déroulé et je suis fortement préoccupé par la punition collective imposée à ces personnes déplacées vulnérables", affirme-t-il.

Le camp de Mokoto abritait "environ 4.260 personnes déplacées", qui en ont été "chassées" mardi et "le site a été complètement rasé par les autorités" provinciales du Nord-Kivu, précise le document.

Ocha regrette que les autorités congolaises n’aient laissé aux humanitaires qu’un délai d'une semaine pour informer la population de la fermeture.

La fermeture a été décidée après qu’une arme a été découverte dans une hutte, le 6 janvier.

Les organisations humanitaires promettent, selon le document d’Ocha, de "prendre la mesure de cette action et formuler des recommandations aux instances appropriées pour éviter d'autres fermetures abruptes comme celle-ci".

Interrogée par l'AFP, Berthe Zinga, coordonnatrice de la Commission nationale des réfugiés en RDC (CNR), a déclaré avoir été "saisie par les humanitaires de la fermeture du camp [de Mokoto] par les autorités du Nord-Kivu".

"Nous avons fait le plaidoyer" contre cette décision, "mais malheureusement le camp a été fermé", a-t-elle regretté. Aucun responsable du gouvernement provincial n'a pu être joint mercredi pour expliquer cette décision.

En décembre 2014, les autorités du Nord-Kivu avait brusquement fermé le camp de Kiwanja (à une soixantaine de kilomètres au nord de Goma) qui abritait plus de 2.300 personnes après la découverte de six armes à feu, et avaient en même temps annoncé la fermeture à brève échéance de tous les autres camps de déplacés de la province, en invoquant des raisons sécuritaires.

L'ONU avait alors appelé les autorités à agir "selon les règles humanitaires internationales" en cas de nouvelle fermeture d'un camp des déplacés.

Selon l'Ocha, la RDC comptait 1,6 millions de déplacés internes fin septembre, et le Nord-Kivu est la province qui en compte aujourd'hui le plus avec 604.000 personnes.

Avec AFP

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