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RDC : Londres envisage des "sanctions ciblées" contre les responsables d'"actes de répression"


Des policiers en faction devant le Palais du Peuple, siège du Parlement de la RDC, à Kinshasa, lundi le 5 décembre 2011.

Des policiers en faction devant le Palais du Peuple, siège du Parlement de la RDC, à Kinshasa, lundi le 5 décembre 2011.

Selon l'envoyée spéciale de la Grande-Bretagne pour la région des Grands Lacs, Danae Dholakia, les sanctions envisagées viseront le responsable de l'action ou de la décision dans la violence contre les citoyens et dans l'intimidation de l'opposition.

Londres et ses partenaires européens envisagent des "sanctions ciblées" contre des responsables d'"actes de répression" politique en République démocratique du Congo, a déclaré vendredi à Kinshasa l'envoyée spéciale de la Grande-Bretagne pour la région des Grands Lacs, Danae Dholakia.

"Pour la Grande-Bretagne, nous parlons avec nos collègues européens sur des sanctions ciblées contre ceux qui ont la responsabilité de l'action ou de la décision dans la violence contre les citoyens et dans l'intimidation de l'opposition", a dit Mme Dholakia lors d'une conférence de presse tenue en français.

"La position du Royaume-Uni est que les personnes responsables des actes de répression ou de violence porteront la responsabilité de leurs actions ou décisions", a ajouté M. Dholakia.

L'émissaire britannique a fait référence aux récents ennuis judiciaires de l'opposant Moïse Katumbi, candidat déclaré à la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l'année et visé depuis une dizaine de jours par une enquête pour "recrutement de mercenaires".

"J'espère sincèrement que les récentes accusations portées contre Moïse Katumbi" ne constituent pas un "resserrement [supplémentaire] de [l']espace politique" en RDC, a encore dit Mme Dholakia, ajoutant que "les risques de s'écarter de l'ordre constitutionnel sont réels".

Pressé par l'AFP de réagir aux propos de Mme Dholakia, le porte-parole du gouvernement congolais, Lambert Mende a déclaré : "Nous attendons voir."

"Il faut bien qu'on nous dise qui a fait quoi pour être sanctionné. On ne peut pas nous impressionner avec ça. Nous sommes des lumumbistes", a ajouté M. Mende, faisant référence à Patrice-Émery Lumumba, éphémère premier Premier ministre du jeune Congo indépendant au sortir de la colonisation belge en 1960.

Patriote perçu comme pro-soviétique par les Américains et désavoué par les milieux d'affaires belges, Lumumba a été assassiné en 1961 avec la complicité présumée de la CIA, du MI6 britannique et de la Belgique.

Les Occidentaux et l'ONU déplorent depuis plusieurs mois une tendance accrue à la répression en RDC, où l'opposition prête à M. Kabila l'intention de vouloir s'accrocher à son poste au-delà du terme de son mandat en décembre, alors que la Constitution lui interdit de se représenter.

Aucune date n'a encore été fixée pour la présidentielle, et la probabilité d'un report de cette élection grandit de jour en jour.

Mercredi, la Cour constitutionnelle a autorisé M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, à rester en fonctions si la présidentielle n'est pas organisée avant la fin de son mandat.

Depuis juillet 2014, un décret présidentiel américain permet aux autorités américaines de geler les avoirs de personnes "responsables ou complices [...] d'actes ou de mesures qui sapent le processus démocratique ou les institutions" de la RDC.

Jeudi, au lendemain de la décision de la Cour constitutionnelle, Paris a appelé Kinshasa à se consacrer prioritairement "à la préparation active et de bonne foi des élections, seule source de légitimité populaire".

Avec AFP

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