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RDC : les transfuges du "G7" font bloc derrière l'ex-gouverneur du Katanga


Moïse Katumbi, l'ex-gouverneur de l'ex-Katanga

Moïse Katumbi, l'ex-gouverneur de l'ex-Katanga

Sept transfuges de la majorité passés à l'opposition au président congolais Joseph Kabila en septembre se sont rangés mardi en ordre de bataille derrière l'ancien gouverneur du Katanga, Moïse Katumbi, en insistant pour que la présidentielle ait lieu en 2016 comme le veut la Constitution.

"Moïse Katumbi est au cœur du G7", a déclaré Gabriel Kyungu, l'un des ténors de ce groupe de sept partis frondeurs en recevant M. Katumbi au siège de son parti, à Lubumbashi, ex-capitale d'un Katanga récemment éclaté en quatre provinces, dans le sud-est de la République démocratique du Congo.

"L'équipe qui cause des insomnies à [M. Kabila] est désormais constituée", a affirmé M. Kyungu, figure de la politique katangaise en officialisant un rapprochement qui semblait de plus en plus évident au fil des derniers mois.

Il y a une "identité parfaite des vues entre [le G7] et Moïse Katumbi six mois après", s'est réjoui Olivier Kamitatu, ancien ministre du Plan de M. Kabila.

Richissime homme d'affaires, M. Katumbi, président du club de football champion d'Afrique Tout-Puissant Mazembe de Lubumbashi, a démissionné de ses fonctions de gouverneur du Katanga en même temps qu'il claquait la porte du parti présidentiel en septembre quelques jours après la scission du G7 d'avec la majorité soutenant M. Kabila.

"Nous et Moïse Katumbi avons quitté le président Kabila et la majorité [...] pour les mêmes raisons", a déclaré M. Kamitatu à l'AFP.

"Nous restons attachés au respect de la Constitution, attachés à la date du 19 décembre 2016 qui doit être précédée par la tenue de la présidentielle", a-t-il dit en faisant référence à la fin du mandat de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001 et à qui la loi fondamentale interdit de se représenter.

Au siège du parti de M. Kyungu, les fondateurs du G7 ont réservé un fauteuil spécial à M. Katumbi, alors qu'ils étaient assis, eux, sur des chaises ordinaires, donnant à la rencontre un air d'intronisation coutumière.

"C'est le G7 qui recevait Moïse Katumbi et ce visiteur prestigieux à droit à une meilleure chaise, une chaise spéciale", a néanmoins tenu à préciser M. Kamitatu.

M. Kamitatu, avait affirmé il y a quelques mois que le G7 soutiendrait un candidat unique à la prochaine présidentielle. Interrogé par l'AFP pour savoir si ce candidat était Moïse Katumbi, il a déclaré qu'il n'était "pas question de candidature" à ce stade.

"Je ne suis pas membre du G7, ma présence entre dans le cadre des consultations que j'effectue", a déclaré pour sa part M. Katumbi.

Populaire et charismatique, M. Katumbi, 51 ans, fait figure de candidat probable à une future présidentielle, mais n'a pour l'heure fait aucune annonce en ce sens.

Le climat politique est tendu en RDC alors que chaque jour qui passe rend un peu plus improbable la tenue de la présidentielle avant la fin de l'année.

Alors que l'ONU dénonce depuis des mois ce qu'elle qualifie de vague d'arrestations arbitraires, la délégation de l'Union européenne à Kinshasa a jugé mardi dans une déclaration que "le respect des droits de l'Homme et des libertés civiles [était] crucial afin de permettre des élections transparentes, apaisées et crédibles".

Dans ce court texte, l'UE dit être "préoccupée" par les informations "faisant état d'actes de harcèlements et intimidations en nombre croissant visant des responsables politiques, des membres de la société civile et des médias".

Avec AFP

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