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Les autorités défendent le bilan d'une opération "antibanditisme" contestée en RDC


La police en train d’arrêter un manifestant à Kinshasa, 19 janvier 2015.

La police en train d’arrêter un manifestant à Kinshasa, 19 janvier 2015.

Les autorités congolaises ont refusé de donner le bilan officiel du nombre de personnes tuées lors d'une opération "antibanditisme", ayant fait plusieurs dizaines de morts entre novembre 2013 et février 2014 selon l'ONU et des organisations de défense des droits de l'Homme.

"Nous ne pouvons, en aucun cas, brandir le nombre de morts au titre de trophée" pour une opération réalisée avec "professionnalisme", a déclaré le ministre de l'Intérieur Évariste Boshab, lors de la présentation du rapport de cette opération "Likofi" ("Coup de poing" en lingala).

Cette opération, qui avait pour objectif de mettre au pas les "Kuluna", les membres des bandes criminelles, a été "émaillée de quelques accros", a-t-il concédé.

"La cruauté des Kuluna n'a pas de commune mesure. Les Kuluna défient l'autorité de l'État, constituent une véritable menace à la paix sociale, sèment la désolation", a insisté le ministre.

"Des policiers de la RDC ont abattu au moins 51 hommes jeunes et garçons et fait disparaître de force 33 autres dans le cadre de [cette] opération de police brutale", a déclaré à l'AFP Ida Sawyer, de l'ONG américaine de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch, reprenant une décompte de son organisation.

Selon un rapport de l'ONU publié en octobre 2014, au moins 41 personnes ont été tuées ou ont disparu du fait de l'action de policiers lors de ce grand coup de filet contre la délinquance armée menée à Kinshasa.

La réaction de Kinshasa à ces chiffres a d'abord été d'expulser le chef du Bureau de l'ONU aux droits de l'Homme en RDC, puis de crier au "lynchage médiatique", avant de faire part de sa volonté de continuer d'enquêter pour s'assurer qu'aucune bavure policière commise pendant l'opération ne reste impunie.

Le gouvernement a chargé mardi la police de "monter rapidement une nouvelle opération" contre les gangs armés "dans le strict respect des principes cardinaux de la nouvelle doctrine de la police de proximité", a annoncé M. Boshab.

Cette décision a été prise "face à la résurgence des agressions dues aux Kuluna, face aux pleurs de la population, face aux chantages de quelques ONG financées" par l'étranger, a-t-il expliqué.

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