Liens d'accessibilité

RDC : colonel Ndala, la société civile exige toujours la vérité malgré le verdict


A Congolese soldier from the Armed Forces of the Democratic Republic of Congo stands next to their burning vehicle after an ambush near the village of Mazizi in North Kivu province, Jan. 2, 2014.

A Congolese soldier from the Armed Forces of the Democratic Republic of Congo stands next to their burning vehicle after an ambush near the village of Mazizi in North Kivu province, Jan. 2, 2014.

Le verdict du procès sur l’assassinat du colonel Mamadou Ndala est tombé lundi. Mais les avocats et les défenseurs des droits de l'homme ne sont pas satisfaits et continuent à exiger la vérité.

Le président de la cour militaire opérationnelle a prononcé cinq peines de morts lundi à Beni, dans l’Est de la République du Congo. Ces condamnations à mort qui ont sanctionné le verdict du procès sur l'assassinat du colonel Mamadou Ndala visaient entre autres des rebelles ougandais de l’Alliance des forces démocratiques-Armée nationale de libération de l’Ouganda (ADF-NALU) dont certains circulent encore librement dans les régions que le mouvement rebelle ougandais contrôle.

Le verdict a aussi repris ses condamnations à quelques années d’emprisonnement pour des officiers congolais mais aussi des aquittements.

Le lieutenant-colonel Birocho Nzanzu Kosi est parmi les officiers congolais condamné à mort. Comme lui, d’autres officiers et militaires congolais ont écopé des peines allant de 5 à 15 ans pour commandement et participation à un mouvement insurrectionnel.

La cour a constaté l’extinction de l’action publique contre quatre prévenus décédés au cours du procès. Parmi eux, le chauffeur de Ndala, le sergent Ndabu Ndongala, mort au lendemain de son premier témoignage devant les juges.

La société civile a réagi à ce verdict, dénoncant un procès non-équitable.

« La mort subite du chauffeur du général Mamadou Ndala a démontré que la vérité était en train d’être cachée, nous ne pouvons pas dire que le procès a été équitable… car le tribunal n’a même répondu à notre requête, qui était aussi celle des avocats, de faire une autopsie sur le corps de Ndongala pour connaitre la vérité sur sa mort, » a réagi à VOA Afrique le président de l’Ong Voix de Sans Voix, Dolly Ibefo.

« Mais la vérité sur la mort du colonel est partie avec la mort de Ndongala, » a regretté Ibefo.

Les avocats ont aussi publiquement déclaré leur gout d'inachevé.

« Nous ne sommes pas satisfaits parce que la responsabilité civique de l’état congolais n’a pas été établie… alors que ce sont des agents de l’état qui sont condamnés », a indiqué Goyo Milemba, un des avocats du barreau de Goma.

Le tribunal a requis des dommages et intérêts de 2 millions de dlrs américains devant être payés à la famille de Mamadou. Mais les avocats estiment que cet argent ne sera pas payé car la responsabilité de l’état n’est pas reconnue.

Les Ong et les avocats promettent donc d’interjeter l’appel.

Comme les avocats, les défenseurs de droits de l’homme dénoncent la disparition des témoins-clés qui devient une tendance au pays dans certains procès.

« Il y a bien d’autres cas et même le major Paul Milambwe, témoin oculaire de l’assassinat Floribert Chebeya (fondateur de la VSV) a failli être éliminé puisqu’on l’a soustrait de la justice et il s’est échappé alors qu’on a fait fuir les (présumés) assassins pour ne citer que ce cas-là, » a dénoncé Ibefo.

Chebeya, était l’un des défenseurs des droits de l’homme en RDC. Son cadavre été retrouvé dans son véhicule alors il était répondre à une convocation de l’inspecteur général de la police.

Le colonel Mamadou Ndala avait permis à l’armée congolaise d’infliger des raclées aux rebelles du Mouvement du M-23 dans l’Est. Son assassinat a été à la base des manifestations de la population dans cette partie du pays. Selon le procès, ce colonel héros de Congolais s’est retrouvé, le 12 janvier, dans une embuscade et son corps a été retrouvé plus tard dans son véhicule en flamme.

Voir les commentaires

XS
SM
MD
LG