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RDC : le procureur général ouvre une enquête suite à la plainte de Kabila pour corruption


Joseph Kabila lors de son investiture le 20 décembre 2011 à Kinshasa

Joseph Kabila lors de son investiture le 20 décembre 2011 à Kinshasa

Flory Kabange Numbi a indiqué que l’enquête portera sur la "dénonciation" faite par le président sur de possibles détournements de fonds ou opérations de blanchiment d'argent.

Le procureur général de la République démocratique du Congo (RDC) a déclaré jeudi à Kinshasa avoir ouvert une enquête après le dépôt d'une "dénonciation" du président Joseph Kabila concernant de possibles détournements de fonds ou opérations de blanchiment d'argent.

"Les dénonciations sont faites, nous avons ouvert des informations judiciaires", a déclaré Flory Kabange Numbi, lors d'un point de presse, insistant à plusieurs reprises sur le fait que les enquêtes de ce genre "sont longues".

"Quelqu'un qui détourne ou qui fait l'exercice de blanchiment de capitaux prend toutes les précautions pour ne pas se faire (...) voir", a ajouté le magistrat.

Le conseiller spécial de M. Kabila pour la lutte contre la corruption, Luzolo Bambi Lessa, a déposé le 23 juin au bureau du procureur général une plainte dénonçant des faits de "corruption", "fraudes" et "détournements".

Ce document, que l'Agence France Presse (AFP) a pu consulter, vise nommément 4 gouverneurs de province - dont l'un passe pour un possible successeur au président Kabila - et un ancien directeur de cabinet du chef de l'État, ainsi qu'une quinzaine d'autres personnes.

M. Kabange Numbi a néanmoins affirmé que ce document ne reprenait "aucun nom", et a mis en garde ceux qui "se complaisent" à citer les noms de personnalités supposées apparaître dans cette dénonciation, en invoquant le "secret de l'instruction et la présomption d'innocence".

La RDC est gangrenée par la corruption à tous les niveaux de la société et la dénonciation présidentielle a fait figure de première dans le pays. Elle survient dans un climat de haute tension politique à l'approche d'une série d'élections devant conduire à la présidentielle de novembre 2016, à laquelle la Constitution interdit M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, de se présenter.

L'opposition soupçonne néanmoins le chef de l'État, qui entretient le doute sur ses intentions, de vouloir tout faire pour se maintenir au pouvoir au-delà du terme de son mandat. Samedi dernier, onze ONG congolaises ont appelé M. Kabila à ne pas "instrumentaliser la justice à des fins politiques".

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