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RDC : le parti au pouvoir mobilise pour contrer toute "insurrection"


Henri Mova Sakanyi, secrétaire-général du parti au pouvoir en RDC, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD)

Henri Mova Sakanyi, secrétaire-général du parti au pouvoir en RDC, le Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD)

Le parti présidentiel en République démocratique du Congo a déclaré vendredi se préparer à contrer toute tentative d'"insurrection" dans un pays sous tension politique à un an de l'échéance du mandat du président Joseph Kabila.

Henri Mova Sakanyi, secrétaire général du parti déplore, dans une interview à VOA Afrique, que certains acteurs se préparent à l’insurrection alors que le président Kabila a convoqué un dialogue politique en vue d’un processus électoral apaisé.

" Nous nous chargeons, nous, de préparer en pare-feu le peuple congolais afin qu’il ne se laisse pas entrainer dans des mécanismes qui iraient à l’encontre de son bonheur ", affirme Mova, fustigeant les opposants qui s’opposent au dialogue politique " et qui vont fomenter des complots contre les institutions en tentant des manipuler la population ".

Une bonne partie de l’opposition rejette le dialogue politique et estime que le président Kabila tente une manœuvre pour rester au pouvoir au-delà de 2016.

La Constitution limite à deux le nombre des mandats présidentiels et exclut de ce fait M. Kabila au pouvoir depuis 2001 de la prochaine présidentielle.

Dans une déclaration dimanche dernier, le gouvernement a accusé une quarantaine d'opposants et de membres de la société civile congolaise qui ont pris part du 12 au 14 décembre à un forum, de chercher à "déstabiliser les institutions de la RDC".

Les opposants et l’Eglise catholique ont récemment appelé les Congolais à mettre en application l’article 64 de la Constitution qui leur donne le droit de faire échec à tout individu ou tout groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions légales.

M. Mova soutient que le dialogue convoqué ne sera pas le lieu pour modifier la Constitution et n’en a pas d’objectif.

Le pouvoir a mis en garde début décembre l'Église catholique et une large coalition d'opposition après que l'une et l'autre eurent invoqué dans des déclarations publiques l'article 64 de la Constitution congolaise, disposant que "tout Congolais a le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d'individus qui prend le pouvoir par la force ou qui l'exerce en violation des dispositions" de la loi fondamentale. Le gouvernement et le procureur général de la République ont vu dans ces propos une "incitation à la violence", ce dont se sont défendus les intéressés.

Dimanche, Kinshasa a haussé le ton contre un forum d'opposants et de membres de la société civile congolaise ayant eu lieu à Gorée (Sénégal) du 12 au 14 décembre, accusant la quarantaine de participants à cette rencontre de chercher à "déstabiliser les institutions de la RDC".

"Nous pensons que le dialogue peut nous éviter (...) le chaos", a estimé M. Mova accusant ceux qui le rejettent, comme "les participants à la rencontre de l'île de Gorée", d'avoir "leurs solutions qui passent par la violence".

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