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RDC : l'ONU accusée d'avoir tué cinq civils dans une attaque héliportée


Julien Paluku gouverneur du Nord-Kivu à droite derrière le président Joseph Kabila à Goma, 3 août 2015. (Charly Kasereka/VOA)

Julien Paluku gouverneur du Nord-Kivu à droite derrière le président Joseph Kabila à Goma, 3 août 2015. (Charly Kasereka/VOA)

Le gouverneur de la province du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC, a accusé jeudi l'ONU d'être responsable de la mort de cinq civils qui tués lundi lors d'une attaque héliportée de Casques bleus contre des rebelles.

Le gouverneur de cette province, Julien Paluku, a déclaré à l'AFP avoir reçu "une délégation" s'étant rendue sur place et selon laquelle la Monusco aurait "pilonné un village composé essentiellement de civils", faisant "cinq civils tués".

Selon Rumbo Bunda Théophile, membre de cette délégation, des représentants du village Musanga ont présenté un mémorandum donnant huit victimes, tous des hommes: "quatre morts" et "quatre blessés", touchés par des "éclats de bombes".

"En lieu et place d'une base ennemie, on tue des civils. Cela mérite des éclaircissements", a jugé M. Paluku, indiquant vouloir "convoquer d'urgence" une rencontre entre les autorités provinciales et la Monusco pour déterminer sur quelles informations les Casques bleus s'étaient basés pour "bombarder" alors que les autorités n'avaient pas entendu parler d'"exactions" commises contre les civils dans cette zone.

Pour sa part, la Monusco a publié sur son compte Twitter un message indiquant que son attaque de lundi avait "fait 4 morts [...] au centre d'une controverse". Le message a par la suite été supprimé.

Interrogé par l'AFP sur cette suppression, Charles Bambara, directeur de l'information publique de la Monusco, a répondu : "Ces morts ne sont pas confirmés officiellement."

"L'armée confirme que cinq civils ont été tués et regrette que la Monusco n'ait pas coordonné [l'opération] avec elle", a déclaré à l'AFP Lambert Mende, porte-parole du gouvernement.

Juvénal Munubo, député de l'opposition originaire de Walikale et membre de la commission permanente défense et sécurité à l'Assemblée nationale, a jugé nécessaire que "la Monusco explique le contexte de cet incident" pour mettre fin aux spéculations.

Dotée de quelque 20.000 hommes en

Ces accusations surviennent alors que les relations sont particulièrement tendues entre la Mission de l'ONU au Congo (Monusco) et Kinshasa, qui souhaite voir les Casques bleus, présents dans le pays depuis 1999, quitter rapidement la RDC.

La Monusco avait annoncé mardi avoir mené la veille une opération offensive, dans le cadre de "son mandat de protection des civils" à l'aide d'hélicoptères de combat contre des rebelles NDC (Nduma Defense of Congo) qui incendiaient des villages "depuis plusieurs jours" près de Pinga (territoire de Walikale), dans le centre du Nord-Kivu.

Avec AFP

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