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RDC : fermeture d'une radio-télévision d'opposition à Lubumbashi


Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président de l'Assemblée provinciale de l'ex-province du Katanga, passé à l'opposition

Gabriel Kyungu wa Kumwanza, président de l'Assemblée provinciale de l'ex-province du Katanga, passé à l'opposition

Une radio-télévision d'opposition émettant de Lubumbashi, deuxième ville du pays, a été fermée, ont annoncé vendredi les autorités du Haut-Katanga, (sud-est) de la République démocratique du Congo, affirmant que celle-ci n'était pas en règle, accusation fermement démentie par la station qui dénonce "une décision politique".

La radio-télévision visée, "La Voix du Katanga", appartient à Gabriel Kyungu wa Kumwanza, figure de la politique katangaise et aujourd'hui un des chefs de file du "G7", groupe de sept partis politiques anciennement alliés au président congolais Joseph Kabila et passés à l'opposition en septembre.

"Cette station n'est pas en règle avec le paiement de la redevance annuelle et n'a même pas de permis d'exploitation", a affirmé à l'AFP un haut responsable de l'administration de la province du Haut-Katanga, à Lubumbashi, pour justifier la mesure de fermeture de l'antenne.

Province d'origine du chef de l'État, le Katanga a été démembré fin 2015 en quatre nouvelles provinces, dont celle du Haut-Katanga, conformément à une nouvelle loi de découpage du territoire. Comme les autres nouvelles provinces, elle est administrée par un commissaire spécial nommé par le président Kabila.

"Notre station est bien en règle avec toutes les taxes" et "nous avons un permis d'exploitation" valide, a déclaré à l'AFP Marcel Kyungu, directeur financier de "La Voix du Katanga", fils de M. Kyungu wa Kumwanza, dénonçant "les mensonges des autorités". "Pour nous cette décision [de fermeture] est politique", a-t-il ajouté.

"La Voix du Katanga" est le troisième média audiovisuel d'opposition basé à Lubumbashi à être fermé par les autorités en moins de trois mois. En janvier, la radio-télévision "Nyota" et la télévision "Mapendo", toutes deux propriétés de l'ex-gouverneur du Katanga Moïse Katumbi, ancien soutien du président Kabila ayant claqué la porte de la majorité en septembre et aujourd'hui allié du G7, ont été fermées pour des motifs similaires.

En novembre 2014, les autorités avaient fermé une autre radiotélévision basée à Lubumbashi, "Jua", après que son propriétaire, Jean-Claude Muyambo, eut lui aussi quitté la majorité pour gonfler les rangs des opposants à M. Kabila.

En visite en RDC fin février, le secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon s'est déclaré "préoccupé" par "la restriction de l'espace politique" dans le pays, où la perspective de la tenue d'une élection présidentielle avant la fin de l'année, comme le prévoit la Constitution, s'éloigne chaque jour davantage.

Le mandat de M. Kabila, au pouvoir depuis 2001, expire en décembre, et la Constitution lui interdit de se représenter, mais l'opposition accuse le chef de l'État de chercher à se maintenir au pouvoir au-delà de cette date.

Dans un communiqué, l'organisation de défense de la presse Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé la détention d'un journaliste arrêté le 5 mars au Nord-Kivu et qui serait accusé "d'avoir diffusé de fausses informations".

Selon RSF, le journaliste, Mapendo King, travaillant pour une radio locale, a été arrêté par les autorités du territoire de Rutshuru, dans la sud-est de la province après avoir fait état de la présence de miliciens assimilés à l'ethnie Hunde dans une zone majoritairement hutu.

Interrogée par l'AFP, Mme Liberata Buratwa, adjointe à l'administrateur du territoire, a confirmé la détention de M. King mais a refusé de donner les raisons de son arrestation.

Le Nord-Kivu est déchiré par les conflits armés depuis plus de vingt ans. Depuis quelques mois les tensions interethniques sont très fortes dans le Rutshuru, et le gouverneur de la province, Julien Paluku, a menacé récemment de poursuites judiciaires toute personne qui attiserait la haine entre les communautés.

Avec AFP

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