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Deux chercheurs de Global Witness déclarés "indésirables" en RDC


Des survivants de la communauté pygmée Bambuti dans la forêt de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), 31 août 2007. epa / PIERO POMPONI

Des survivants de la communauté pygmée Bambuti dans la forêt de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC), 31 août 2007. epa / PIERO POMPONI

Le gouvernement congolais a enjoint deux chercheurs de l'ONG britannique Global Witness de quitter dès jeudi soir la RDC, les déclarants “indésirables".

Les autorités congolaises accusent les deux chercheurs d'intoxiquer la population contre le régime.

"Sur ordre des autorités de la République, le gouvernement de la République m'a chargé de déclarer indésirables" Jules Caron et Alice Harrison "et de leur prier de quitter dès ce soir le territoire national", a déclaré à la presse le ministre de l'Environnement congolais, Robert Bopolo.

MM. Caron et Harrison (de nationalité canadienne et allemande) vivent depuis le 22 juin en RDC avec des visas "non requis" (non conformes), et "ont visité 5 sites d'exploitation forestière", a ajouté M. Bopolo, après avoir présenté les deux chercheurs devant les caméras.

MM. Caron et Harrison "se sont permis de procéder à l'intoxication des populations pour les pousser à se soulever contre les concessionnaires forestiers avec toutes les conséquences néfastes sur la paix dans ce pays, sur la pauvreté, la santé, l'éducation et même sur le régime politique", a accusé M. Bopolo.

Selon lui, "un tel comportement d'intoxication mettrai ce pays (la RDC) en péril".

Les missions dont il est question se sont déroulées dans la Province Orientale (nord-est), ainsi que dans les provinces de Bandundu (sud-ouest) et de l'Équateur (nord-ouest).

"On est allé examiner le taux de réalisation sociale dans les concessions forestières", et vérifier "si oui ou non les écoles, les routes, les centres de santé ont été construits", a déclaré M. Harrison. Selon la loi congolaise, les sociétés doivent respecter un cahier des charges afin que les communautés locales puissent bénéficier des exploitations dans leur région.

"Des 5 concessions visitées, aucune n'est en règle", a-t-il indiqué à la presse avant d'être rapidement embarqué par les agents de sécurité.

Global Witness, ONG qui lutte entre autres contre le pillage des ressources naturelles des pays en développement, effectue plusieurs missions de contrôles des concessions forestières en RDC.

Avec AFP

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