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RDC : des manifestations dans plusieurs provinces, mais empêchées à Kinshasa


Les émeutes à Kinshasa du 19 au 22 janvier 2015

Les émeutes à Kinshasa du 19 au 22 janvier 2015

Des manifestations appelées par l’opposition en commémoration des émeutes de 2015 contre une tentative de modifier de la loi électorale ont eu lieu dans différentes provinces, mais la police les a empêché de se tenir dans la capitale congolaise.

A Kinshasa, l’opposition dénonce l’arrestation dplusieurs personnes mardi dans différents endroits où des conférences et des cultes devaient avoir lieu.

Le Front citoyen, une plate-forme composée des acteurs de l'opposition et de la société civile, dénonce l'enlèvement et l'interpellation de certains de ses membres. Selon l'opposant Martin Fayulu, les acteurs et sympathisants du front citoyen voulaient célébrer la mémoire des victimes des manifestations du 19 janvier 2015. Il parle d’une centaine des cas d’arrestations.

"On a commencé par enlever nos militants… On est parti intimider les prêtres… on a arrêté même des particuliers auprès de qui nous avions loué des salles pour animer nos conférences-débat", se plaint M. Fayulu.

Selon Jean-Lucien Mbusa, modérateur de la plate-forme la Dynamique de l’opposition, les forces de sécurité ont occupé les lieux depuis très tôt dans la matinée et ont empêché tout rassemblement, arrêtant des manifestants qui s’obstinaient à y rester.

Une autre figure de l’opposition, Vital Kamerhe, soutient, lui, avoir demandé à ses partisans de ne pas céder à la provocation de la police qui avait fait irruption dans la salle où il devait tenir une conférence à Kinshasa.

L’Inspecteur général de la police, le général Célestin Kanyama, a, pour sa part, démenti sur Radio Okapi toute action de la police contre des manifestants à Kinshasa.

L’AFP estime par ailleurs à près de 5.000, les personnes qui ont pu manifester dans les provinces de l’Est.

Le plus grand rassemblement de la journée a eu lieu à Bukavu, fief du troisième parti d'opposition, l'Union pour la Nation congolaise (UNC) de Vital Kamerhe, où les manifestants se sont rassemblés sur une place pour écouter divers orateurs venus dire "non" à un "troisième mandat" du président Joseph Kabila et exiger la tenue de la présidentielle en 2016, comme prévu par la Constitution.

A Goma, capitale du Nord-Kivu (est), environ 400 personnes ont manifesté contre le pouvoir dans le calme, selon un autre journaliste de l'AFP.

A Lubumbashi (sud-est), deuxième ville du pays, l'armée a dispersé à la mi-journée quelques 300 personnes réunies à l'appel de l'opposition pour prier dans la rue pour les quelques dizaines de personnes tuées entre le 19 et le 22 janvier 2015 lors de violences provoquées par l'examen au Parlement d'un projet de loi électorale contesté.

Un correspondant de l'AFP qui couvrait cette manifestation et un journaliste de Radio Okapi (la radio de l'ONU en RDC) ont été molestés par des soldats et retenus pendant plusieurs heures avant d'être relâchés.

L’opposition a appelé ces manifestations pour commémorer les émeutes qui ont lieu un an plus tôt, opposées à des tentatives de modifier la loi électorale et la Constitution. Quarante personnes étaient tuées au cours ces violences de 2015.

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