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RDC : combats entre l’armée et des rebelles en Ituri après des négociations infructueuses


Thomas Lubanga, un ancien leader de la milice Forces patriotiques pour la libération du Congo.

Thomas Lubanga, un ancien leader de la milice Forces patriotiques pour la libération du Congo.

Des combats ont opposé jeudi l'armée et un groupe de rebelles de l'Ituri, dans le nord-est de la République démocratique du Congo, après des négociations infructueuses en vue d'obtenir la reddition de ces miliciens.

Tôt "ce matin à Aveba", les soldats "ont attaqué brusquement les combattants" des Forces révolutionnaires patriotiques de l'Ituri (FRPI) "pour les désarmer de force", a déclaré à l'AFP le commissaire de district adjoint de l'Ituri, Fataki Adroma, joint par téléphone de Kinshasa.

Ces "violents combats" ont commencé "vers 05H00 du matin" (03H00 GMT), a indiqué de son côté Maurizio Giuliano, chef du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l'ONU (Ocha) pour la Province-Orientale, sans déplorer de victimes civiles.

Interrogée par l'AFP, l'armée congolaise n'avait pas été en mesure de fournir un point sur la situation sur place en fin d'après-midi et on ne savait si ces affrontements avaient fait des victimes parmi les combattants, mais la situation semblait être revenue au calme.

Selon la Mission de l'ONU au Congo, environ 800 combattants des FRPI étaient stationnés à Aveba depuis la reddition, début novembre de leur chef, Cobra Matata. Après avoir tenté en vain d'obtenir un grade de général dans l'armée, celui-ci a été transféré début janvier à Kinshasa, où il doit être jugé.

Lundi, la Monusco avait indiqué à la presse que la situation était "préoccupante" à Aveba, localité située à environ 45 km au sud de Bunia, la capitale de l'Ituri, district de la Province-Orientale qui jouxte l'Ouganda. Selon l'ONU, les rebelles continuaient d'y vaquer avec leurs armes, tout en négociant leur reddition.

"Ils continuaient à poser des conditions", a expliqué M. Fataki Adroma, indiquant que les miliciens demandaient notamment d'intégrer l'armée en gardant leurs grades obtenus dans la rébellion.

Charles Bambara, porte-parole de la Monusco, a indiqué à l'AFP que des Casques bleus étaient déployés "sur le terrain pour protéger la population", sans prendre part aux combats.

Notant que les combats ont eu lieu dans une zone ou se trouvent déjà plus de 250.000 déplacés ayant pour beaucoup un besoin urgent en eau, nourriture et soins de santé, M. Giuliano, a appelé "les belligérants à respecter et protéger les civils durant les opérations armées" et à permettre aux organisations humanitaires d'accéder en toute sécurité aux populations auxquelles elles viennent porter secours.

Les FRPI sont l'une des nombreuses milices qui ont ensanglanté l'Ituri en s'affrontant de 1999 à 2007 sur des bases essentiellement ethniques pour le partage des richesses naturelles (au premier rang desquelles l'or) dont regorge ce district.

Plusieurs milliers de combattants FRPI avaient été démobilisés et intégrés à l'armée congolaise de 2004 à 2006, avant que le groupe ne se reforme fin 2007.

Par le passé, nombre de groupes rebelles congolais ont abandonné la lutte armée en échange d'une intégration de leurs combattants au sein de l'armée régulière, leurs chefs se voyant reconnaître des grades d'officiers supérieurs voire généraux. Mais depuis l'adoption de la loi de réforme de l'armée de 2011, les autorités ont toujours refusé de tels marchandages.

L'est de la RDC est déchiré par les conflits armés depuis plus de vingt ans, et une cinquantaine de groupes armés y sévissent encore.

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