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RDC : campagne contre le changement de constitution

  • Eddy Isango

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Le porte-parole du gouvernement, Lambert Mende.

Une coalition d’opposants lance une campagne visant à empêcher le changement de la Constitution congolaise qui aura 10 ans en février. Cette constitution était la première à être démocratiquement votée par les Congolais depuis l’indépendance de leur pays.

La campagne débutera lundi 18 janvier par Goma, dans la province du Nord-Kivu, explique à VOA Afrique le secrétaire général adjoint de la plateforme Coalition des Congolais pour la transition (CCT), Eleter Omari.

"M. Kabila… est en train de préparer la mort de cette constitution en organisant un faux dialogue pour continuer à se maintenir au pouvoir", affirme M. Omari, dénonçant le fait que le président congolais ait plusieurs fois violé ladite constitution.

"Nous disons non au dialogue de Kabila et voulons signifier à M. Kabila que la majorité des Congolais comme des partis politiques ne veulent pas de ce dialogue qui mènera à un changement de constitution qui a pourtant été adoptée par plus de 80% de la majorité de Congolais. Cette constitution doit continuer", soutient-il.

Le président Joseph Kabila a convoqué un dialogue politique en vue "des élections apaisées", mais aucune date effective n'a été fixée.

Une bonne partie de l’opposition le rejette, accusant le pouvoir des manœuvres pour prolonger le mandat de M. Kabila au-delà des limites constitutionnelles.

Selon la Constitution, M. Kabila ne peut pas se représenter à un troisième mandat présidentiel et les élections doivent être réalisées avant octobre prochain.

Dans son dernier discours, le président Kabila a menacé les opposants mais aussi les évêques catholiques et la société civile qui avaient appelé les Congolais à résister à tout pouvoir qui gère par défi. La même menace a été réitéré le procureur général de la République.

"Nous, nous disons : ‘Jusqu’à quand aura--t-on peur d’être emprisonné? ‘Jusqu’à quand aura--t-on peur d’être assassiné? Qui veut la paix, prépare la guerre. Nous nous voulons la paix et cette paix à un prix’ ", souligne Omari.

"Nous nous sommes inscrits au délai constitutionnel pour dire à M. Kabila : ‘Voilà, vous êtes à votre deuxième mandat, nous vous attendons le terminer et puis partir", appuie-t-il.

Un climat de tension règne en RDC à quelques mois de la date de l’élection présidentielle.

Les évêques catholiques ont annoncé l’annulation d’une manifestation prévue pour le 16 février en vue d’éviter toute récupération politique.

La série d’élections régionales et locales prévues en 2015 n’ont pas eu lieu. La présidentielle et les législatives doivent avoir lieu au plus tard en octobre 2016.

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