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RDC: au moins 23 personnes tuées dans un nouveau massacre à Beni


Une manifestation contre les tueries continues dans la régione de Beni, dans l'Est de la RDC, le 22 octobre 2014.

Une manifestation contre les tueries continues dans la régione de Beni, dans l'Est de la RDC, le 22 octobre 2014.

Les personnes tuées, l’ont toutes été à l’arme blanche, dans la nuit de mardi à mercredi dans une région de l'est de la République démocratique du Congo. Le numéro un des Nations Unies a condamné ce nouveau massacre.

Martin Kobler, le chef de la mission de l’ONU en RDC a affirmé, dans un communiqué, que ces massacres continuent n’entameront pas la détermination de la MONUSCO à neutraliser tous les groupes armés qui terrorisent la population.

« Nous soutiendrons les autorités congolaises afin que tout soit mis en œuvre pour poursuivre les auteurs de ces tueries atroces et les traduire en justice », a affirmé Martin Kobler.

Des personnes non encore identifiées ont massacré à la machette des dizaines de civils à Mayangose-Kibidiwe, au Nord-Est de Béni.

Déjà en opération dans cette zone, la MONUSCO, les FARDC et la PNC ont dépêché des éléments sur place, et une enquête est ouverte. Par ailleurs, à Kasu, en Province Orientale, on signale la décapitation de plusieurs villageois par des inconnus.

Selon l’AFP qui rapporte des sources militaires, le drame a eu lieu dans un quartier périphérique de la ville de Beni, dans le nord de la province du Nord-Kivu.

Cette région est depuis fin 2014 le théâtre des massacres répétés, attribués à des rebelles ougandais.

"Nous avons décompté 23 morts et il y a un blessé", a déclaré à l'AFP un officier supérieur de l'armée joint par téléphone de Goma, la capitale du Nord-Kivu, alors qu'il se trouvait sur les lieux du crime.

Un peu plus tôt, un officier de police avait indiqué à l'AFP qu'on avait "retrouvé 17 corps" mais que les recherches continuaient.

Selon lui, "les victimes ont été tuées à coups de machettes".

Il s'agit du premier massacre signalé dans la région de Beni depuis l'annonce, le 13 décembre, de la reprise d'une offensive conjointe de l'armée et de la Mission de l'ONU au Congo (Monusco) contre les rebelles ougandais des Forces démocratiques alliées (ADF).

D'octobre à décembre, la région de Beni avait été le théâtre d'une série de massacres imputés à ces rebelles musulmans opposés au président Yoweri Museveni et présents en RDC depuis 1995. Ces attaques, qui ont coûté la vie à plus de 260 civils, ont été essentiellement perpétrées à l'arme blanche (machettes, haches, houes).

Les rebelles ougandais de l'ADF ont cependant subi de lourdes pertes au premier semestre 2014 sous le coup d'une offensive de l'armée congolaise à laquelle la Monusco était venue prêter main forte. Profitant d'un relâchement de ces opérations à la fin du mois d'août, la rébellion avait repris l'initiative.

Place commerciale importante pour la région, Beni, à environ 250 km au nord de Goma, est le fief des Nande, une communauté dont les dirigeants s'étaient ralliés massivement à une milice soutenue par l'Ouganda pendant la deuxième guerre du Congo (1998-2003).

La reprise de l'offensive de l'armée et de la Monusco en décembre a contribué à ramener le calme et le couvre-feu imposé chaque soir à la ville de Beni a été levé le 23 janvier.

Des massacres attribués aux ADF ont néanmoins été signalés par la Monusco dans une région de la Province-Orientale limitrophe du territoire de Beni, où, selon l'ONU, trente personnes ont été tuées fin décembre.

Selon un observateur militaire international, "on n'entend plus beaucoup parler de l'opération [militaire contre les ADF] ces temps-ci".

Lors d'une conférence de presse à Goma, le chef de la Monusco, Martin Kobler, a dénoncé la survenue d'un "nouveau carnage" à Beni. "Ca réaffirme notre détermination [...] conjointement avec" l'armée "dans le combat contre les ADF", a-t-il ajouté.

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