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La RDC annonce la libération de cinq nouveaux militants pro-démocratie


La cour d'appel de Goma, en RDC, a réduit vendredi 4 mars 2016 la peine de prison de six jeunes de la Lucha de deux ans à six mois. (VOA/Charly Kasereka)

La cour d'appel de Goma, en RDC, a réduit vendredi 4 mars 2016 la peine de prison de six jeunes de la Lucha de deux ans à six mois. (VOA/Charly Kasereka)

Une semaine après l'annonce de la libération de 24 "prisonniers politiques et d'opinion", les autorités congolaises ont communiqué celle de cinq militants pro-démocratie en détention à Kinshasa depuis plusieurs mois, afin de décrisper le climat politique en République démocratique du Congo.

"J'ai écrit ce jour au procureur général de la République pour procéder aux formalités en vue de libérer quatre activistes de Lucha : Bienvenu Matumo, Victor Tesongo, Héritier Kapitene, Godefroy Mwanabwato ainsi qu'un activiste du mouvement Filimbi: Jean de Dieu Kilima", a déclaré à la presse le ministre congolais de la Justice, Alexis Thambwe Mwamba.

Les cinq hommes "vont devoir quitter la prison de Makala dans les deux, trois jours", a précisé le ministre.

La Lucha (Lutte pour le changement) est un mouvement congolais des jeunes indignés, basé à Goma, dans la province du Nord-Kivu, décidé à demander des comptes aux gouvernants. Le mouvement Filimbi ("coup de sifflet" en swahili) se présente quant à lui comme un collectif de mouvements d'éducation à la citoyenneté.

Le 19 août, le gouvernement avait déjà annoncé la libération de 24 prisonniers, dont Fred Fauma (Lucha) et Yves Makwambala (Filimbi), qui étaient poursuivis par la justice congolaise pour complot contre le président Kabila.

Les deux hommes sont encore en détention.

Contacté par l'AFP, la Lucha s'est abstenu de commenter cette nouvelle décision, "en attendant la libération effective" de ses membres.

Ces libérations entrent "dans le cadre des mesures de décrispation politique" alors que se tiennent les travaux préparatoires à des discussions entre la majorité, l'opposition et la société civile, a indiqué M. Thambwe.

Mardi à Kinshasa, l'ex-Premier ministre togolais, Edem Kodjo, facilitateur désigné de l'Union africaine pour ce dialogue, a ouvert les travaux du comité préparatoire.

Convoqué fin novembre 2015 par le président congolais Joseph Kabila, ce dialogue est censé conduire à la tenue d'"élections apaisées" en RDC.

L'opposition dans son ensemble avait d'abord boudé ce dialogue avant de donner son accord moyennant des préalables, notamment la libération de prisonniers politiques et d'opinion.

Mardi, une partie de l'opposition a pris part au lancement des travaux préparatoires du dialogue, alors qu'une autre frange, rassemblée autour de l'opposant historique Étienne Tshisekedi et qui récuse M. Kodjo, a boycotté la rencontre.

Le climat politique est tendu en RDC à mesure qu'approche la fin du mandat de M. Kabila, le 20 décembre.

M. Kabila est au pouvoir depuis 2001, la Constitution lui interdit de se représenter, mais l'opposition soupçonne le chef de l'État de manoeuvrer pour s'accrocher à son poste, quitte à reporter la présidentielle censée avoir lieu avant la fin de l'année. La tenue de ce scrutin dans les temps est aujourd'hui hautement improbable.

Avec AFP

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