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RCA: Michel Djotodia auto-proclamé Président


Le leader de la Séléka promet de respecter les accords de Libreville et d'organiser des élections en 2016.

Le leader de la coalition rebelle qui a pris le contrôle de la capitale centrafricaine, Michel Djotodia, s’est proclamé président, promettant de respecter les accords de paix signés à Libreville en janvier dernier et demandé au Premier ministre Nicolas Tiangaye de diriger un cabinet de transition jusqu’aux élections qui, selon lui, devraient se tenir dans trois ans.

L’annonce du leader de la Séléka ne fait pas l’unanimité, cependant, même au sein de sa propre coalition.

Le col. Christian Djouma Narkoyo, un des chefs militaires de la Séléka (archives)

Le col. Christian Djouma Narkoyo, un des chefs militaires de la Séléka (archives)



En effet, l’une des cinq factions formant la Séléka réclame une transition n’allant pas au-delà de 18 mois, après quoi viendrait le scrutin présidentiel, a déclaré Nelson Ndjadder, porte-parole de la CPSK (Convention des Patriotes du Salut et du Kodro).

Du côté de l’opposition politique, Martin Ziguele, ancien Premier ministre et président du MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain) a promis son soutien au nouveau pouvoir si et seulement si la transition ne dure qu’une année, rapporte l’agence Reuters.

Ecoutez le compte-rendu de notre correspondant:


Le président auto-proclamé Michel Djotodia se dit prêt à travailler avec les ministres qui étaient en faveur du président déchu François Bozizé, s’ils sont encore à Bangui.

Comme on le sait, alors que les rebelles de la Seleka étaient aux portes de Bangui, le président Bozizé a pris la fuite vers une destination pas tout à fait certaine jusqu'à présent. Certaines sources laissent entendre qu’il serait en République démocratique du Congo, mais nous n’avons pu vérifier cette information.

François Bozizé dans une conférence de presse à Bangui, le 8 jan. 2013

François Bozizé dans une conférence de presse à Bangui, le 8 jan. 2013



Jusqu'à fort tard hier soir, Bangui était sans électricité.

Une certaine confusion règnait, en dépit du fait que les éléments de la Seleka contrôlaient tous les points stratégiques de la capitale, signalent les correspondants de presse.


Parmi les réactions enregistrées dans la région, le président tchadien Idriss Deby Itno (qui était attendu à Bangui avec le médiateur Denis Sassou Nguesso du Congo Brazzaville, alors que la Séléka n’avait pas encore franchi les limites de la ville) a reconnu dimanche que la coalition rebelle est aux commandes et il a ordonné à ses troupes basées en Centrafrique d’aider à rétablir la sécurité dans la capitale.

L’Union africaine a condamné la prise du pouvoir par la Séléka. L’UA, qui a demandé aux membres de cette coalition d’agir de façon décisive et unifiée, a menacé ces derniers de sanctions ciblées et la RCA de suspension.

Enfin, tous les rapports en provenance de Bangui dimanche faisaient état d’actes de pillage.
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