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Qui sont les membres de l'équipe de réfugiés qui participent aux Jeux olympiques de Rio ?


Des membres de l'équipe des réfugiés posent devant le Christ Rédempteur à Rio, le 30 juillet 2016.

Des membres de l'équipe des réfugiés posent devant le Christ Rédempteur à Rio, le 30 juillet 2016.

C’est une première pour les Jeux olympiques, qui auront lieu à Rio de Janeiro du 5 au 21 août. Une équipe composée de réfugiés va concourir à la compétition : dix athlètes dans trois disciplines olympiques différentes. Portraits.

Rami Anis, 25 ans.

Epreuve : Natation, 100 m. papillon.

Pays d’origine : Syrie

Pays hôte : Belgique

En 2011, le nageur fuit la guerre et sa ville natale, Alep, pour venir se réfugier en Turquie à l'âge de 20 ans. Quand il quitte la Syrie, il pense revenir chez lui après quelques mois.

Dans son nouveau pays d'adoption, le nageur continue les entraînements, mais est privé de participation aux compétitions car il n'a pas la nationalité turque. Il décide de faire ses bagages. Direction la Grèce. En décembre 2015, il obtient le statut d'asile politique en Belgique, où il réside maintenant.

" La nage, c'est ma vie, la piscine, c'est ma maison", a-t-il dit au Comité olympique. Pour préparer les Jeux, le sportif s'est bien s'entourer. Carine Verbauwen, ancienne nageuse olympique, est devenue son coach.

Yusra Mardini​, 18 ans.

Epreuve : Natation, 200 m. nage libre.

Pays d’origine : Syrie

Pays hôte : Allemagne

C'est en 2015, à seulement 17 ans, qu'elle décide de quitter Damas, accompagnée de sa soeur âgée de 19 ans, pour rejoindre Beyrouth, puis Istanbul, et enfin Izmir.

Un seul objectif rentre en ligne de mire : entrer en Europe par la mer. En route pour Lesbos, le bateau dans lequel elles avaient embarqué tombe en panne. Avec sa soeur et une autre femme, les seules trois sachant nager, elles poussent l'embarcation jusqu'aux côtes grecques pendant plus de trois heures.

La nageuse demande et reçoit l'asile politique en Allemagne, ainsi que sa sœur, puis son père, son tout premier entraîneur, qui y rejoint ses filles. Elle enchaîne les entraînements au Wasserfreunde Spandau 04, sous la direction de Sven Spannekrebs.

Yolande Mabika, 28 ans.

Epreuve : Judo, - de 70 kg.

Pays d’origine : République démocratique du Congo

Pays hôte : Brésil

La judokate est séparée de ses parents lors de la seconde guerre en RDC (1998-2003). Née à Bukavu, près de la frontière avec le Rwanda et le Burundi, la sportive se rappelle surtout d'un hélicoptère qui l'a emmenée à Kinshasa, la capitale, loin de sa terre natale.

Dans un centre pour enfants, elle commence à pratiquer le judo. "Je ne me suis jamais fait de l'argent avec le judo, mais cela m'a donné un coeur plus fort. On m'a séparée de ma famille et j'ai beaucoup pleuré. J'ai commencé le judo pour avoir une meilleure vie", explique-t-elle au Comité olympique.

Combat après combat, elle gagne en confiance et réussi à se démarquer des autres. Très vite, elle est remarquée et obtiens un entraîneur attitré, qui lui fait subir de mauvais traitements. Après avoir perdu des combats, elle se retrouve parfois sans manger pendant plusieurs jours. Son passeport lui est également confisqué. En 2013, alors qu'elle est à Rio pour une compétition, elle fuit l'hôtel avec un autre sportif, Popole Misenga, et demande l'asile au Brésil.

Popole Misenga​, 24 ans.

Epreuve : Judo, - de 90 kg.

Pays d’origine : République démocratique du Congo

Pays hôte : Brésil

Tout comme Yolande Mabika, le judoka est originaire de Bukavu. Sa mère est assassinée alors qu'il n'a que six ans. Il fuit sa maison et passe une semaine dans la jungle, avant d'être trouvé et envoyé à Kinshasa. Il s’entraîne avec Yolande, partageant les mêmes souffrances et les mêmes sévices qu'elle. C'est ensemble qu'ils décident de fuir et de rester à Rio.

En 2014, les Nations unies leur donnent le statut d'asile politique. Il est aujourd'hui marié avec une Brésilienne et a un fils.

Yonas Kinde, 36 ans.

Epreuve : Athlétisme, marathon.

Pays d’origine : Ethiopie

Pays hôte : Luxembourg

Le coureur a peur de revenir dans son pays natal. Depuis 2013, il est sous protection internationale au Luxembourg. "Je vais aux Jeux olympiques. Je serai fier et heureux", partage-t-il avec le Comité olympique, sans vraiment révéler pourquoi il a dû fuir l'Éthiopie.

"Je suis parti car il y a de nombreux problèmes politiques. Il y a beaucoup de difficultés éthiques, économiques, et c'est vraiment très compliqué d'être un athlète", décrit-il.

Depuis qu'il est arrivé au Luxembourg, il a pris des leçons de français et conduit un taxi pour vivre. Depuis qu'il est arrivé en Europe, il a déjà gagné plusieurs médailles lors de compétitions internationales. Selon son coach, après avoir conclu un marathon en deux heures et 17 minutes, il aurait pu être qualifié pour participer aux JO avec l'équipe du Luxembourg.

Paulo Amotun Lokoro, 24 ans.

Epreuve : Atlétisme, 1500 m.

Pays d’origine : Soudan du sud

Pays hôte : Kenya

S'il va aux Jeux olympiques, ce n'est pas seulement pour y participer. "Je veux battre le record. Gagner une médaille d'or, c'est mon rêve", confie-t-il au Comité olympique.

En 2014, la guerre pousse Paulo et sa famille à fuir leur village. Il commence à vivre dans des buissons où il mange des fruits pour survivre. Il finit par rejoindre un camp de réfugiés au Kenya, où 180 000 Soudanais sont également placés. Il commence à courir, sans chaussures, et gagne de nombreuses compétitions.

Un jour, un sélectionneur vient faire un tour dans le camp, organise une course et remarque très vite Paulo. Il est choisi pour venir à Nairobi et continuer son entrainement. Il espère que l'équipe des réfugiés donne de l'espoir à toutes les personnes déplacées. "Je suis fier de courir au nom de tous les réfugiés", a-t-il déclaré.

James Nyang Chiengjiek​, 28 ans.

Epreuve : Athlétisme, 400 m

Pays d’origine : Soudan du sud

Pays hôte : Kenya

À 13 ans, il s'enfuit de chez lui pour ne pas devenir un enfant soldat. Une quinzaine d'années plus tard, le voici prêt à courir avec les plus grands athlètes de la planète.

Il termine son exil dans le même camp de réfugiés kényan que son compatriote Paulo Amotun Lokoro. Il commence à courir et se rend compte de son talent. Il continue de courir jusqu'à qu'il se fasse remarquer.

Yiech Pur Biel, 21 ans.

Epreuve : Athlétisme, 800 m

Pays d’origine : Soudan du sud

Pays hôte : Kenya

De même que ses compatriotes, il arrive dans un camp de réfugiés très jeune, à l'âge de 10 ans. Il se fait remarquer grâce à ses incroyables performances.

Etre dans l'équipe de réfugiés, pour lui, c'est aussi montrer qu'il est plus que cela. "Je veux aider à ce que l'on change étiquette de 'réfugié' et montrer que nous sommes plus que cela", avait-il confié à Al Jazeera.

Rose Nathike Lokonyen​, 23 ans.

Epreuve : Athlétisme, marathon

Pays d’origine : Soudan du sud

Pays hôte : Kenya

Jusqu'à, il y a à peine un an, l'athlète courait sans chaussures. Pour elle, participer aux Jeux, c'est aider ceux qui lui sont proches. "Mon but ultime, c'est d'aider mes parents et mes frères et soeurs, et ensuite les autres réfugiés".

À 10 ans, sa famille fuit la guerre et se retrouve dans le même camp kényan que ses autres compatriotes. C'est lors d'une course entre réfugiés que Rose se rend compte de son talent : elle termine 2e d'un 10 km.

Anjelina Nadai Lohalith, 21 ans.

Epreuve : Athlétisme, 1 500 m.

Pays d’origine : Soudan du sud

Pays hôte : Kenya

Tout comme ses compatriotes, elle s'est vite retrouvée dans un camp de réfugiés pour fuir la guerre. Seule. La dernière fois qu'elle a vu ses parents, elle était âgée de six ans. Elle ne les a pas vu depuis.

Elle s'entraine avec ses compatriotes pour les mêmes raisons : donner un autre regard sur les réfugiés et leur donner de l'espoir.

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