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Quelque 114.000 personnes ont fui le Yémen depuis l'escalade du conflit fin mars


Attentat contre les forces gouvernementales du Yémen à Aden, hôtel Al-Qasr

Attentat contre les forces gouvernementales du Yémen à Aden, hôtel Al-Qasr

Quelque 114.000 personnes ont fui le Yémen depuis l'escalade du conflit en mars, ont annoncé mardi le Haut-Commissariat aux réfugiés de l'ONU et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Une coalition arabe, conduite par l'Arabie Saoudite, mène des bombardements aériens contre les rebelles yéménites houthis, chiites et soutenus par l'Iran, depuis qu'ils ont pris fin mars Aden, capitale du Sud du pays, contraignant le président Abderabbo Mansour à fuir le pays. « Près de 70.000 personnes fuyant la crise sont arrivées à Djibouti, en Ethiopie, Somalie et au Soudan » et « il est fait état de jusqu'à 44.000 personnes arrivées en Arabie Saoudite et à Oman, » ont indiqué les deux organisations dans un communiqué.

« Les réfugiés et migrants arrivent après de nombreuses heures en mer, souvent traumatisés et exténués, avec peu d'affaires personnelles, et ayant très rapidement besoin de nourriture, d'eau et de soins d'urgence, » a expliqué un haut responsable de l'IOM, Ashraf El Nour, cité dans ce communiqué. « Le plus urgent est de répondre à leurs besoins de base, de les enregistrer et de leur fournir des documents d'identification leur permettant d'accéder aux services essentiels, » a-t-il ajouté, lors d'une réunion à Nairobi destinée à coordonner la réponse à cette crise.

Apres les attaques revendiquées par le groupe Etat Islamique (EI) qui ont couté la vie à des soldats de la coalition arabe, le Premier ministre yéménite en est sorti indemne. Si Khaled Bahah a réchappé à la spectaculaire attaque contre l'hôtel où siège son gouvernement, quinze soldats de la coalition arabe et membres des forces loyalistes yéménites sont morts quand deux sites militaires des forces saoudiennes et émiraties ont été visés.

Dans sa revendication en ligne, l'EI a parlé de « quatre attentats suicide » contre trois cibles, contredisant la version donnée plus tôt dans la journée par des responsables yéménites et la coalition arabe qui ont évoqué des attaques à la roquette sur les mêmes cibles. Selon le groupe djihadiste, deux kamikazes ont visé l'hôtel Qasr et deux autres ont attaqué tour à tour, chacun au volant d'un véhicule blindé piégé, le QG des forces saoudiennes et émiraties et celui de « l'administration militaire des Emirats » dans la deuxième ville du pays. L'EI affirme aussi avoir tué « des dizaines » de personnes parmi les militaires de l'Arabie saoudite et des Emirats, les deux principaux piliers de la coalition arabo-sunnite qui intervient depuis mars pour empêcher les rebelles chiites Houthis de prendre le contrôle de l'ensemble du Yémen.

Pour étayer sa revendication, le groupe djihadiste a mis en ligne les photos de quatre combattants présentés comme les kamikazes et une image d'un hôtel en feu.

Selon des responsables yéménites, l'hôtel Qasr a été touché tôt le matin par « deux roquettes » -une attaque qui a tué deux gardes de l'établissement d'après des sources médicales- et les deux sites tenus par la coalition arabe ont, eux, été la cible « de deux autres roquettes. » Dans un communiqué publié à Ryad, le commandement de la coalition arabe a parlé d'attaques « à la roquette Katioucha » qui ont entraîné « une riposte » et la « destruction des véhicules de lancement. »

« Quinze soldats de la coalition et de la résistance yéménite (ndlr: les forces progouvernementales) » ont été tués, a rapporté l'agence officielle émiratie WAM en imputant la responsabilité aux « Houthis et à leurs alliés, » des militaires restés fidèles à l'ex-président yéménite Ali Abdallah Saleh. Quatre militaires émiratis figurent parmi les victimes, selon le commandement de l'armée d'Abou Dhabi cité par WAM. La coalition a de son côté fait état de la mort de trois soldats émiratis et d'un militaire saoudien. Ces attaques illustrent l'insécurité persistante dans le sud du Yémen, repris cet été aux Houthis, malgré les propos de responsables du Golfe affirmant encore la semaine dernière qu'Aden était « pacifiée » et « sûre. » Elles ne remettront toutefois pas en cause la présence à Aden du gouvernement yéménite, qui s'y est installé en septembre et en a fait la capitale provisoire du pays après six mois d'exil en Arabie saoudite.

« Le gouvernement restera à Aden, » a déclaré à l'AFP le ministre de la Jeunesse et des Sports Nayef al-Bakri, précisant que le Premier ministre n'avait « pas été touché. » Les membres du gouvernement, dont certains « légèrement blessés, » « ont été déplacés vers un endroit sûr », a-t-il ajouté. Cinq provinces du sud, dont celle d'Aden, ont été reprises depuis juillet aux rebelles par les forces gouvernementales et les troupes de la coalition arabe qui interviennent au sol et dans les airs. Les rebelles restent maîtres du nord du pays et de la capitale Sanaa mais les combats font rage ailleurs.

Environ 1,3 million de personnes ont été déplacées par les combats à travers le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique, et l'ONU a annoncé mardi que quelque 114.000 personnes avaient fui le Yémen depuis mars, vers Djibouti, l'Ethiopie, la Somalie, le Soudan, l'Arabie Saoudite et Oman. Selon l'ONU, le conflit au Yémen a fait quelque 5.000 morts et 25.000 blessés. Environ 1,3 million de personnes ont été déplacées par les combats à travers le pays, le plus pauvre de la péninsule arabique. Avant le conflit, le Yémen hébergeait quelque 250.000 réfugiés de pays voisins, dont une large majorité de Somaliens, mais aussi des Ethiopiens et des Syriens. Plus de 20.000 Somaliens ont regagné leur pays depuis l'escalade du conflit au Yémen.

Avec AFP

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