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Quatre députés du parti présidentiel passent à l'opposition pour dénoncer "la mauvaise gouvernance" au Mali


Le président du Mali Ibrahim Boubacar Keita devant les Nations unies, à New York, le 23 septembre 2016.

Le président du Mali Ibrahim Boubacar Keita devant les Nations unies, à New York, le 23 septembre 2016.

Quatre députés du Rassemblement pour le Mali (RPM, au pouvoir) ont quitté le parti, dénonçant la "mauvaise gouvernance", pour rejoindre jeudi les rangs de l'opposition.

A la suite de cette défection des quatre députés, qui ont rejoint l'Alliance démocratique pour la paix (ADP), un parti ayant quitté la majorité en août, le RPM ne dispose plus que de 75 sièges sur 147 à l'Assemblée nationale.

"Généralement, ce sont les partis de l'opposition qui font de la transhumance en démissionnant pour aller vers le pouvoir. Et là, nous avons des députés du parti présidentiel qui démissionnent pour aller vers l'opposition", a commenté le sociologue malien Youssouf Touré, y voyant le symptôme d'un "vrai malaise".

Les quatre députés, dont deux élus à Bamako, un à Kati, près de la capitale, et un autre du sud du pays, affirment dans une déclaration commune que "trois ans après l'élection à la magistrature suprême du président Ibrahim Boubacar Keïta, le constat est amer".

"La crise du Nord s'est enlisée, sans espoir de résolution par les gouvernements successifs (...) Les scandales de mauvaise gestion restés sans suite ont fini de désespérer les Maliens", peut-on lire dans leur lettre de démission.

Affirmant par ailleurs que "l'autorité de l'Etat est sapée", les démissionnaires regrettent "l'absence de vision" du gouvernement, notamment sur la question du chômage de la jeunesse.

"Nous ne voyons pas bien la vision du président sur le Nord. Ou s'il a une vision, elle n'est pas bien expliquée", avait déploré de son côté le chef de file de l'opposition, Soumaïla Cissé, à l'issue d'un entretien avec le chef de l'Etat le 8 septembre.

Le nord du Mali est tombé en mars-avril 2012 sous la coupe de groupes jihadistes liés à Al-Qaïda. Ces groupes en ont été en grande partie chassés à la suite du lancement en 2013, à l'initiative de la France, d'une intervention militaire internationale, qui se poursuit actuellement.

Mais des zones entières échappent encore au contrôle des forces maliennes et étrangères, malgré la signature en mai-juin 2015 d'un accord de paix censé isoler définitivement les jihadistes.

Avec AFP

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