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Quatorze bateaux de pêche, dont deux chinois, pris en infraction en Afrique de l'Ouest


Des pêcheurs préparent leurs filets pour partir en mer au port de Guinée-Bissau, le 10 mars 2009.

Des pêcheurs préparent leurs filets pour partir en mer au port de Guinée-Bissau, le 10 mars 2009.

Deux navires industriels chinois pris en flagrant délit de pêche illégale au large de la Guinée ont été condamnés à une amende totale de trois millions d'euros, a indiqué jeudi à l'AFP le ministre guinéen de la Pêche André Loua.

Ces deux navires, appartenant à la même société, selon le ministre, font partie des 14 bateaux de pêche contrôlés en infraction de la réglementation lors d'une opération conjointe du 28 août au 1er septembre dans les eaux gambiennes, sénégalaises, guinéennes et bissau-guinéennes, selon des communiqués officiels.

L'opération a été conduite par la Commission sous-régionale des pêches (CSRP), dont ces quatre pays sont membres. Menée avec le soutien de l'Union européenne (UE) et de la Banque mondiale, elle a permis de contrôler plus de 80 bateaux de pêche, ont souligné la CSRP et l'UE dans des communiqués distincts.

Elle a couvert la totalité de "la zone maritime de la frontière nord de la Gambie à la frontière sud de la Guinée, englobant ainsi les zones économiques exclusives (ZEE) de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la Guinée et la partie Sud de la ZEE du Sénégal", a précisé la CSRP.

Les deux navires chinois ont été surpris dans la ZEE de la Guinée par le patrouilleur sénégalais Kédougou, intervenant en appui de vedettes guinéennes, mais seul l'un d'entre eux a pu être arraisonné, selon la même source.

"Le navire chinois Chang Yuan Yu 6, qui a été identifié, a été escorté jusqu'au port de Conakry et mis en état d'arrestation", a indiqué le ministre guinéen.

Compte tenu de la gravité de l'infraction, à savoir la "pêche non autorisée dans notre zone économique sans licence préalable", la commission d'arraisonnement a condamné le bateau au "maximum de la pénalité" de 500.000 à un million d'euros d'amende, a ajouté M. Loua.

"Nous avons déjà signifié à l'armateur qu'il doit payer un million d'euros non négociables", a-t-il dit, précisant que l'équipage avait été remis en liberté.

En outre, les engins de pêche et les captures du navire ont été saisis.

Quant au second navire, en fuite mais identifié comme le Lu Jiao Nan Yuan Yu 102, il a été frappé de la même amende, doublée en raison de la circonstance aggravante de "défaut de présentation", soit deux millions d'euros, a souligné le ministre guinéen.

La société de pêche propriétaire "travaille avec une licence de la Guinée-Bissau, nous avons donc écrit au gouvernement de ce pays frère, qui est en train de prendre des disposition pour arraisonner le second bateau et l'acheminer vers le port de Conakry", a poursuivi M. Loua.

Un responsable de la marine guinéenne a affirmé sous le couvert de l'anonymat que ces deux bateaux "travaillaient sous une fausse licence de la Guinée-Bissau qui ne se sent pas concernée" par leurs agissements.

Avec AFP

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