Liens d'accessibilité

Une vingtaine d'ex-soldats du RSP écroués au Burkina Faso


Des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), à Ouagadougu, Burkina, 29 septembre 2015.

Des soldats du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), à Ouagadougu, Burkina, 29 septembre 2015.

Ils sont tous d'anciens membres du Régiment de sécurité présidentielle (RSP), l'ex-garde prétorienne du président déchu Blaise Compaoré et soupçonnés d'être impliqués dans la tentative de coup d'Etat déjouée selon les autorités début octobre.

Des sources judiciaire et sécuritaire confirment qu'ils ont été écroués.

"Il y a une vingtaine d'éléments qui font tous partie de l'ex-RSP qui ont été à ce jour présentés au parquet et qui ont été mis sous mandat de dépôt. Mais, pour l'instant, la police judiciaire poursuit ses enquêtes afin de réunir le maximum d'éléments", a déclaré à l'AFP un magistrat de haut rang de la justice militaire.

"Nous avons entendu à ce jour une quarantaine de militaires. Une vingtaine sont vraiment impliqués dans le (projet de) coup. Les autres ont effectivement été contactés pour y participer, mais ils ont refusé de coopérer", a indiqué à l'AFP un haut responsable sécuritaire.

"Nous avons saisi du matériel. Un des ex-RSP avait remis un sac contenant une kalachnikov, des chargeurs et des munitions à un civil et celui-ci est venu les remettre à la gendarmerie. Nous pensons qu'il y a d'autres armes ou munitions qui ont été cachées chez des gens", a indiqué sous couvert de l'anonymat cet officier proche de l'enquête.

"Il y a des commanditaires. On poursuit les enquêtes et on va les arrêter s'ils sont sur notre territoire", a ajouté l'officier, soulignant que le cerveau présumé du putsch, l'adjudant-chef Gaston Coulibaly, était toujours recherché.

Le ministre de l'Intérieur, Simon Compaoré, a révélé la semaine dernière qu'"un groupe d'environ 30 hommes, composé essentiellement de sous-officiers et de militaires du rang" de l'ex-RSP, projetait d'attaquer plusieurs objectifs "pour prendre le pouvoir par les armes".

Le parti au pouvoir, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) du président Roch Marc Christian Kaboré, a accusé lundi les pro-Compaoré d'être à l'origine de cette nouvelle tentative de coup d'Etat déjouée.

"Ces déclarations, dénuées de tout fondement, malsaines et haineuses des dirigeants du MPP (...) démontrent à souhait que ce parti, incapable d'assurer la gestion du pouvoir (...) préfère verser dans le dilatoire, la diversion et la division", a rétorqué Ablassé Ouédraogo, le porte-parole de la Coalition pour la démocratie et la réconciliation nationale" (Coder), un regroupement de huit partis de l'opposition burkinabè dont l'ancien parti au pouvoir, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, créé par Compaoré).

Les autorités burkinabè déclarent régulièrement que le pays est l'objet de tentatives de déstabilisation orchestrés par des "ennemis internes et externes" depuis la chute du président Blaise Compaoré, chassé le 31 octobre 2014 par la rue après 27 ans au pouvoir.

Le 17 septembre 2015, le RSP avait annoncé avoir pris le pouvoir au gouvernement de transition, mis en place après la chute de Compaoré, mais le putsch avait échoué grâce à une mobilisation de la population, soutenue par une partie de l'armée, restée fidèle.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG