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Putsch déjoué au Niger : l’opposition émet des réserves


Mahamadou Issoufou, président du Niger, Washington, 31 mars 2015.

Mahamadou Issoufou, président du Niger, Washington, 31 mars 2015.

Pour l’opposition nigérienne, le président Mahamadou Issoufou qui a annoncé avoir déjoué un coup d’Etat, n’a donné aucune épreuve de ces affirmations.

L’opposant Amadou Boubacar Cissé, candidat à la présidentielle de février, dénonce plutôt une tentative de "passage en force" en vue des élections de 2016, de la part du président.

"On a les plus grandes réserves. Il (le président) ne nous a donné aucune preuve. Nous sommes dans l'incertitude", a affirmé à l'AFP l'opposant et candidat à la présidentielle de février, Amadou Boubacar Cissé dit "ABC", joint depuis Abidjan.

Dans un message traditionnel diffusé jeudi, à la veille des cérémonies de l'indépendance, le président Issoufou a assuré que le gouvernement avait "déjoué une tentative malheureuse de déstabilisation des institutions" justifiant une vague d'arrestation de militaires évoquée par les réseaux sociaux et la presse locale depuis lundi.

"Nous sommes tellement habitués aux manipulations. Dès qu'ils sont en difficulté, ils cherchent des moyens de s'en sortir. Ils savent qu'ils ne peuvent gagner l'élection et ils tentent le passage en force", a poursuivi M. Cissé.

"Les seules personnes qui menacent la démocratie au Niger sont le gouvernement. Il y a une dérive autoritaire", a-t-il ajouté, évoquant la possibilité que le pouvoir profite "d'un Etat de non-droit pour faire quelque chose".

Le candidat a rappelé le blocage dans lequel se trouve l'audit du fichier électoral en vue de la présidentielle.

Mardi, l'opposition a suspendu sa participation au comité sur l'audit du fichier, réclamant l'intervention d'experts internationaux et critiquant les délais trop courts, alors que le pouvoir avait fixé la date butoir pour réaliser l'audit à vendredi (ce jour) pour pouvoir tenir le délai de la présidentielle du 21 février.

"Il (Issoufou) a eu cinq ans pour préparer le fichier mais maintenant on ne peut pas nous dire: ‘ou le délai ou la transparence’", a souligné ABC, qui a écarté tout "boycott" mais ne "renonce pas" à un fichier électoral crédible.

"On ne va pas leur laisser le champ libre", a-t-il conclu.

Des élections présidentielle et législatives sont prévues le 21 février 2016 au Niger. M. Issoufou, qui a été élu en 2011, brigue un second mandat lors du scrutin présidentiel.

Avec AFP

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