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Puissant séisme : plus de 180 morts au Pakistan et en Afghanistan


Un immeuble détruit au village de Raman Kheel, dans la vallée de Panjshir, and Afghanistan, le 26 octobre 2015. Source: AFP

Un immeuble détruit au village de Raman Kheel, dans la vallée de Panjshir, and Afghanistan, le 26 octobre 2015. Source: AFP

Un puissant séisme de magnitude 7,5 a secoué l'Asie du Sud ce lundi

Selon l'Institut américain de géologie (USGS), l'hypocentre du séisme se situe à Jurm, dans les montagnes reculées du Badakhshan, à l'extrême nord-est de l'Afghanistan, à une profondeur de 213,5 km. Des centaines de personnes ont été blessées par la secousse, particulièrement longue, qui a poussé des milliers de gens à se précipiter dans les rues en Inde, en Afghanistan, au Pakistan et au Tadjikistan.

En Afghanistan, le bilan atteignait 33 morts, dont neuf dans le Badakhshan, dix au Nangarhar (est), et deux dans la province de Baghlan -- outre les douze écolières. Un chiffre susceptible d'augmenter, ont averti les autorités. Les premiers bilans étaient plus importants au Pakistan voisin, avec au moins 150 morts, selon un décompte des chiffres fournis par les autorités locales et provinciales. L'armée a confirmé le décès de 123 personnes et indiqué que plus de 950 personnes avaient été blessées. "C'était terrible, on se serait cru en 2005", a indiqué une quinquagénaire qui s'est ruée hors de chez elle dans le centre de la capitale Islamabad, où quelques bâtiments ont été fissurés.

Il y a dix ans au Pakistan, le 8 octobre 2005, un séisme de magnitude 7,6 dont l'épicentre se situait à quelques centaines de kilomètres de celui de lundi, avait fait plus de 75.000 morts. Mais l'hypocentre était alors moins profond, rendant les secousses plus destructrices.

"Affligés" de chagrin

L'armée pakistanaise a été mobilisée, tous les hôpitaux militaires placés en état d'alerte et des hélicoptères ainsi que des équipements spécialisés étaient en cours de préparation. Le bilan pourrait là aussi s'alourdir, a prévenu le chef du gouvernement provincial de Khyber Pakhtunkhwa (nord-ouest), l'une des provinces les plus touchées du pays. "Toute la province est en alerte, et les hôpitaux sont en état d'urgence, mais il est trop tôt pour fournir un bilan" a indiqué le ministre, Pervez Khattak, soulignant que sa province est "reculée et montagneuse".

"Je n'ai jamais ressenti un si puissant tremblement de terre", dit Mohammad Rehman, 87 ans, qui vit à Peshawar (nord-ouest du Pakistan). "C'était vraiment énorme". La secousse a duré au moins une minute, et au moins une réplique a été ressentie peu après, d'une magnitude de 4,8 selon USGS.

Les secours sont entravés par le manque de communications, les infrastructures déjà fragiles de la région ayant été mises à rude épreuve. "Nous espérons que le nombre de victimes ne sera pas aussi important (qu'en 2005, NDLR) car l'hypocentre était très profond", a expliqué un responsable de l'Autorité pakistanaise de gestion des catastrophes naturelles, sous couvert d'anonymat.

En Afghanistan, la panique qui a saisi des écolières à Talogan dans la province de Takhar (nord-est), au moment du séisme, a provoqué la mort de 12 d'entre elles, et 35 autres ont été blessées. Les petites filles "se sont précipitées pour sortir de l'école et cela a provoqué une bousculade" mortelle, a déclaré à l'AFP Enayat Naweed, directeur du département de l'Education de la province. A l'hôpital, quand les proches des enfants décédés sont arrivés pour récupérer les corps, "ils étaient si affligés qu'ils ne nous ont même pas autorisés à relever les noms" des victimes, a déclaré Hafizullah Safaï, chef des services de Santé de Takhar.

Communications coupées

Le Premier ministre afghan Abdullah Abdullah a évoqué "d'importantes pertes humaines et matérielles" notamment dans le nord-est du pays. Mais "les chiffres ne sont pas encore connus car les communications sont coupées". L'accès aux zones sinistrées est d'autant plus difficile que la province voisine du Badakhshan est montagneuse et les hameaux touchés souvent isolés. En outre, les rebelles talibans y combattent les troupes gouvernementales et rendent la situation sécuritaire très instable.

Dans le nord de l'Inde, La secousse a temporairement interrompu le métro de New Delhi. Des centaines d'habitants traumatisés se sont précipité dans les rues à Srinagar, principale ville du Cachemire indien à la frontière avec le Pakistan. Le réseau de téléphonie mobile a été coupé et le trafic s'est immobilisé dans la rue. Dans cette région, d'importantes inondations ont endommagé de nombreux bâtiments il y a un an, les rendant encore plus vulnérables à une secousse sismique.

La secousse a été ressentie jusqu'en Asie centrale, notamment à Douchanbe, la capitale tadjike, où de nombreuses personnes ont quitté précipitamment leurs bureaux et appartements. L'Afghanistan est régulièrement touché par des tremblements de terre, notamment au niveau de l'Hindu Kush, qui se trouve sur la ligne de faille entre les plaques tectoniques indienne et eurasienne.

Avec AFP

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