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Progrès en vue d’un sérum contre les morsures venimeuses en Afrique


Extraction de venin (AP)

Extraction de venin (AP)

L’espoir est qu’il sera disponible d’ici la fin de la décennie, peut-être même dès 2018.

Chaque année, des milliers d’Africains décèdent, ou sont handicapés à vie, par des morsures de serpents. Mais des scientifiques britanniques affirment avancer dans la mise au point d’un sérum qui pourrait protéger contre tous les serpents venimeux d’Afrique subsaharienne.

La vipere heurtante (''puff ader'' en anglais) compte parmi les nombreux serpents venimeux originaires d'Afrique sub-saharienne. Chaque année, ces reptiles tuent environ 32.000 personnes, rappelle le Dr Robert Harrison, expert en venin à l’Ecole de médecine tropicale de Liverpool en Grande-Bretagne. « Il n’y a pas que ça. Ceux qui survivent à ces morsures – soit à peu près 100.000 personnes - se retrouvent avec des membres ou des jambes profondément handicapés – des conditions tout à fait invalidantes », explique le Dr. Harrison.

Les toxines du venin attaquent les cellules nerveuses, mais également les muscles. Jusqu’à présent, les sérums antivenimeux sont produits à partir du poison fabriqué par le serpent, ce qui coûte fort cher. De surcroit, le sérum doit être réfrigéré. Le traitement est administré à plusieurs reprises, et nombre de malades peuvent souffrir d’effets secondaires. Le prix moyen d’une dose de sérum frôle 140 dollars, ce qui fait que le traitement, dans son ensemble, peut coûter jusqu’à 500 dollars. Une somme hors de prix pour la majorité des Africains.

Par ailleurs, l’un des grands défis pour la fabrication des sérums antivenimeux est de préparer l’agent immunogène (le venin de serpent) qui convient. Les composants spécifiques trouvés dans le venin d'un serpent peuvent varier selon les espèces, le sexe, l'âge du serpent, et même encore son emplacement géographique.

Actuellement, très peu de pays produisent des venins en quantité ou qualité suffisantes pour la production des sérums, rappelle l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Et puis, le sérum ne peut servir que pour la morsure d’une seule espèce de serpent, et le personnel soignant perd du temps à déterminer quel type de reptile a mordu la victime, et à localiser le bon sérum.

D’où l’intérêt suscité par le traitement développé par des chercheurs de l'École de médecine tropicale de Liverpool. Un sérum destiné au Nigéria, qui pour l’instant s’est avéré bon marché, sûr et efficace.

Toujours selon le Dr Harrison, son équipe compte l’utiliser pour développer un sérum antivenimeux universel, qui servirait pour soigner toutes les morsures de serpents venimeux en Afrique sub-saharienne. « On y parviendra en identifiant les protéines qui sont uniques à toutes les espèces. En prenant ces protéines uniques … et en les ajoutant aux venins des reptiles », explique en substance le Dr Harrison.

Dans le cadre de ces travaux, le laboratoire extrait régulièrement du venin d’environ 450 serpents appartenant à 21 des espèces les plus meurtrières d'Afrique sub-saharienne.

Ce sérum antivenimeux universel sera de coût nettement plus abordable que sérums actuels et plus efficace sur une période élargie. L’espoir est qu’il sera disponible d’ici la fin de la décennie, peut-être même dès 2018.

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