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"Profilage ethnique" : Paris conteste les critiques du Conseil de l'Europe sur l'état d'urgence


Des gardes sur la place de la République à Paris, le 10 janvier 2016, pour commémorer les victimes des attentats de janvier 2015. (Yoan Valat, via AP Pool)

Des gardes sur la place de la République à Paris, le 10 janvier 2016, pour commémorer les victimes des attentats de janvier 2015. (Yoan Valat, via AP Pool)

Le Conseil de l'Europe avait critiqué les "dérives" de l'état d'urgence instauré en France après les attentats de novembre, craignant un "risque" pour la démocratie.

La France "conteste" les critiques émises par le Conseil de l'Europe sur l'état d'urgence décrété après les attentats du 13 novembre à Paris, en particulier les soupçons de "profilage ethnique", a indiqué mercredi 13 janvier le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll.

"Je conteste ce qu'il a dit, sur le profilage ethnique en particulier", a indiqué M. Le Foll après des critiques sur des "dérives" émises par le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks.

Ces critiques sont "absolument contraires à ce qui s'est passé", a-t-il ajouté.

L'état d'urgence instauré en France après les attentats jihadistes du 13 novembre donne lieu à des "dérives" et présente un "risque" pour la démocratie, avait mis en garde mardi le commissaire aux droits de l'Homme du Conseil de l'Europe, Nils Muiznieks.

"Nous regardons de très près ce qui se passe" en France, car "il y a un risque que le système de contrôle démocratique soit sapé par ces mesures", avait-il ajouté sur la radio France Culture.

Il avait évoqué "certaines dérives", pointant notamment "des pratiques de profilage ethnique de la part des agents de police, des forces de répression".

"Nécessité"

"L'état d'urgence répondait à une nécessité", a rétorqué le porte-parole du gouvernement français, en soulignant que son instauration avait été décidée le soir des attentats, alors que la sanglante prise d'otages du Bataclan était encore en cours.

Cette salle de concert a été le théâtre de la tuerie la plus massive (90 morts) des attentats du 13 novembre, dans lesquels 130 personnes ont trouvé la mort et plusieurs centaines ont été blessées.

"L'état d'urgence a été mis en place, des règles ont été fixées dans un débat à l'Assemblée nationale, elles ont été strictement respectées et appliquées", a assuré le porte-parole du gouvernement.

M. Muiznieks avait aussi souligné que les forces de l'ordre avaient procédé à des milliers de perquisitions mais que "seule une poignée d'entre elles auraient donné lieu à des procédures liées à des actes terroristes".

"Le ministre de l'Intérieur (Bernard Cazeneuve), lorsqu'il y a eu quelques éléments de discussion sur des perquisitions, a fait un courrier pour rappeler les règles dans lesquelles cela devait s'appliquer", a répondu M. Le Foll.

Avec AFP

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