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Le processus électoral repoussé en octobre en Somalie pour l'élection présidentielle


Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud lors d'une conférence de presse à Istanbul, Turquie, le 23 février 2016.

Le président somalien Hassan Cheikh Mohamoud lors d'une conférence de presse à Istanbul, Turquie, le 23 février 2016.

La Somalie désignera le 30 octobre son nouveau président, au terme d'un processus électoral au suffrage indirect qui doit permettre de conférer un peu plus de stabilité à ce pays de la Corne de l'Afrique en proie à une insurrection jihadiste.

Ce "processus électoral" devait initialement se tenir en août mais son report était largement attendu et c'est un groupe de travail somalien appuyé par l'ONU qui a officialisé le nouveau calendrier, détaillé dans un communiqué transmis lundi à l'AFP.

Au total, 14.000 délégués choisis par les clans voteront par étapes successives pour élire les 54 représentants d'une nouvelle chambre haute, d'ici le 25 septembre, puis les 275 députés de l'Assemblée nationale, dont 30% seront des femmes, du 24 septembre au 10 octobre.

Ces grands électeurs - sénateurs et députés - se réuniront le 30 octobre pour élire le nouveau président de la République. L'actuel chef de l'Etat Hassan Cheikh Mohamoud a d'ores et déjà indiqué qu'il était candidat à sa succession pour un second mandat.

Si le scrutin ne sera pas au suffrage universel comme promis par la Constitution - cet objectif est désormais repoussé aux élections générales de 2020 - il n'en reste pas moins beaucoup plus inclusif que celui de 2012 où seuls 135 chefs de clans avaient participé au processus.

L'organisation clanique de la société somalienne pèse de tout son poids sur la politique du pays mais, comme le soulignait récemment Michael Keating, le plus haut représentant de l'ONU en Somalie, "pour sortir du système des clans, la Somalie doit travailler au sein de ce système".

La Somalie est plongée dans le chaos et la guerre civile depuis la chute en 1991 du régime autoritaire du président Siad Barre.

L'exécutif dirigé par Hassan Cheikh Mohamoud depuis 2012 a largement déçu ses partisans qui désormais dénoncent, comme avec les précédentes administrations, corruption et luttes intestines.

Il doit faire face à l'insurrection des insurgés islamistes radicaux shebab, affiliés à Al-Qaïda, qui ont juré la perte des fragiles autorités de Mogadiscio tenues à bout de bras par la communauté internationale (États-Unis, UE, ONU et UA).

Une force militaire de l'Union africaine (Amisom), composée de quelque 22.000 soldats, est déployée dans le pays pour aider l'embryon d'armée somalienne à combattre les shebab. Elle entend se retirer progressivement à partir d'octobre 2018.

Les shebab, chassés en 2011 de Mogadiscio, ont perdu nombre de leur bastions mais contrôlent toujours de vastes zones du centre et du sud et ont ces derniers mois multiplié les attentats meurtriers jusqu'au coeur de Mogadiscio, faisant peser sur le processus électoral une menace sécuritaire certaine.

Avec AFP

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