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Le procès de Hissène Habré suspendu jusqu'au 9 novembre


L'ancien dictateur tchadien Hissène Habré, après avoir été entendu par un juge, le 2 juillet 2013 à Dakar, Sénégal.

L'ancien dictateur tchadien Hissène Habré, après avoir été entendu par un juge, le 2 juillet 2013 à Dakar, Sénégal.

Le procès à Dakar de l'ex-président tchadien a été suspendu jeudi jusqu'au 9 novembre afin de permettre au tribunal spécial africain de revoir ses dossiers.

Le procès de l'ex-président tchadien Hissène Habré devant un tribunal spécial africain à Dakar a été suspendu jusqu'au 9 novembre, a annoncé jeudi 29 octobre le président de cette juridiction.

"La Cour mettra à profit ce temps pour revoir" ses dossiers, a déclaré le Burkinabè Gberdao Gustave Kam, président de ce tribunal spécial, les Chambres africaines extraordinaires (CAE).

L'audience du 9 novembre doit démarrer avec le témoignage du président de l'Association des victimes des crimes du régime de Hissène Habré (AVCRHH), Clément Abaifouta, a indiqué M. Kam.

Accusé de "crimes de guerre, crimes contre l'humanité et tortures" durant sa présidence au Tchad (1988-1990), M. Habré comparaît depuis le 20 juillet devant les CAE, créées en vertu d'un accord entre le Sénégal et l'Union africaine (UA), que l'accusé récuse. Il refuse de s'exprimer et de se défendre devant cette juridiction.

Les audiences avaient ensuite été suspendues le lendemain de l'ouverture du procès, pour permettre à des avocats commis d'office pour la défense de prendre connaissance du dossier, puis elles ont repris le 7 septembre.

Le procès ira "très probablement jusqu'en février"

Le procès devait initialement prendre fin le 28 octobre, mais il ira "très probablement jusqu'en février", a affirmé jeudi à l'AFP le porte-parole du tribunal spécial, Marcel Mendy, confirmant une information annoncée à l'AFP par une source au sein de la juridiction le 20 octobre.

"Nous avons encore une vingtaine de témoins à auditionner à Dakar et d'autres qui sont à N'Djamena" avant les plaidoiries, a ajouté M. Mendy.

Jeudi, le tribunal a écouté le témoignage de Robert Hissein Gambier, né en 1954. Il a affirmé avoir été arrêté en décembre 1985 à N'Djamena par des agents de la Direction de la documentation et de la sécurité (DDS, police politique sous M. Habré) puis détenu jusqu'en décembre 1990.

"Ce qui m'a sauvé (de la mort), je restais devant la porte (où) il y avait un trou et je respirais de l'air frais", a indiqué M. Gambier selon lequel les détenus s'entassaient dans la cellule où il était détenu.

Il a dit avoir été arrêté parce que pris pour "un mercenaire libyen", ce qu'il a démenti.

Renversé par l'actuel président tchadien Idriss Deby Itno, Hissène Habré a trouvé refuge au Sénégal en décembre 1990. Il a été arrêté le 30 juin 2013 à Dakar puis inculpé le 2 juillet 2013 par le tribunal spécial et écroué.

Il encourt entre 30 ans de prison ferme et les travaux forcés à perpétuité. Une commission d'enquête tchadienne a estimé que la répression durant sa présidence a fait 40 000 morts.

Avec AFP

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