Liens d'accessibilité

Procès Habré : le procureur réclame la condamnation de l'ex-président tchadien


Hissène Habré, ancien dictateur tchadien, 25 novembre 2005.

Hissène Habré, ancien dictateur tchadien, 25 novembre 2005.

Dans son réquisitoire mercredi, Mbacké Fall, le  procureur du tribunal spécial africain qui juge l'ex-président tchadien Hissène Habré à Dakar a déclaré que Hissène Habré était le "véritable chef de service" de l'appareil de répression sous son régime (1982-1990).

Le procureur spécial a demandé au tribunal "d'entrer en voie de condamnation" pour plusieurs des chefs d'accusation les plus graves, dont crimes contre l'humanité, crimes de guerre et viol, sans préciser de peine dans l'immédiat.

Mbacké a réclamé mercredi sa condamnation pour crimes contre l'humanité, en tant que "véritable chef de service" de l'appareil de répression sous son régime (1982-1990).

Le réquisitoire interrompu à la mi-journée pour une pause, a duré plusieurs heures.

Ce procès inédit - le premier au monde dans lequel un ancien chef d'Etat est traduit devant une juridiction d'un autre pays pour violations présumées des droits de l'homme - ajourné depuis la fin des auditions des témoins le 15 décembre, a repris lundi avec les plaidoiries.

"La machine répressive s'est mise en marche sous la haute direction de Hissène Habré qui en était le véritable chef de service", a affirmé le procureur.

"La DDS (Direction de la documentation et de la sécurité, police politique du régime, NDLR) est directement subordonnée à la présidence en raison du caractère confidentiel de ses activités, a-t-il souligné, la qualifiant d'"oeil et oreille du président".

"Hissène Habré a créé ses propres prisons, qui n'ont rien à voir avec le système carcéral officiel. C'est dans ces mouroirs que les violations des droits de l'Homme ont été les plus massives", a poursuivi M. Fall, dénonçant des "centres, pas de détention, mais de concentration".

Selon le procureur, "Hissène Habré s'est rendu aussi coupable de crimes de guerre", en ne faisant pas observer les conventions de Genève sur les droits des prisonniers de guerre pendant le conflit avec la Libye dans les années 1980.

"Il serait inconcevable que Habré prétende ignorer les obligations qui lui incombaient. Il ne saurait exciper d'un manque de moyens matériels et de ressources", a estimé M. Fall.

La répression sous Hissène Habré a fait 40.000 morts, selon les estimations d'une commission d'enquête tchadienne.

En détention depuis le 30 juin 2013 au Sénégal, où il avait trouvé refuge en décembre 1990 après avoir été renversé par l'actuel président tchadien Idriss Deby Itno, il est poursuivi pour "crimes contre l'humanité, crimes de guerre et crimes de torture".

Après les plaidoiries des avocats des parties civiles, lundi et mardi, puis le réquisitoire du procureur mercredi, suivront jeudi et vendredi les plaidoiries des trois avocats de la défense commis d'office.

Les audiences seront ensuite suspendues pour le délibéré, avec un "prononcé du verdict vers fin mai", selon le porte-parole des CAE, Marcel Mendy.

Il encourt jusqu'aux travaux forcés à perpétuité. En cas de condamnation, l'accusé pourra purger sa peine au Sénégal ou dans un autre pays de l'UA.

Avec AFP

XS
SM
MD
LG