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Procès en Italie d'un chef présumé de passeurs : son avocat plaide l'erreur d'identité


Medhanie Yehdego Mered (au centre), 35 ans, a été arrêté à Khartoum, Soudan, le 24 mai 2016.

Medhanie Yehdego Mered (au centre), 35 ans, a été arrêté à Khartoum, Soudan, le 24 mai 2016.

A une semaine de l'ouverture en Italie du procès du chef présumé d'un des principaux réseaux de trafic de migrants en Méditerranée, son avocat a affirmé que son client était victime d'une erreur d'identité.

Medhanie Yehdego Mered, 35 ans, est accusé par la justice italienne d'être "le général" d'un réseau de passeurs ayant envoyé vers l'Europe jusqu'à 8.000 migrants par an, dans des conditions si sordides que beaucoup ne sont jamais arrivés.

Mais pour Me Michele Calatropo, l'homme arrêté fin mai à Khartoum, extradé début juin en Italie et dont le procès doit s'ouvrir le 22 novembre à Palerme (Sicile) a 29 ans et s'appelle Medhanie Tesfamariam Berhe.

L'avocat a déposé devant le tribunal des photos prises pendant un mariage et présentées comme celles du vrai Mered, qui ne ressemble pas à l'homme emprisonné.

Même si leur origine est floue, ces photos, publiées par le quotidien britannique Guardian, sont "seulement la dernière preuve en date" de l'erreur d'identité, a-t-il déclaré à l'AFP.

"L'identité de la personne qui a fourni les photos doit être protégée parce qu'elle redoute des représailles contre ses proches au pays", a-t-il précisé.

En juin, le ministère soudanais de l'Intérieur, la police italienne et l'Agence britannique de lutte contre le crime (NCA) avaient annoncé à grand bruit l'arrestation et l'extradition du "général".

Il est en particulier soupçonné d'avoir affrété le bateau dont le naufrage en octobre 2013 au large de l'île italienne de Lampedusa a fait plus de 360 morts.

Mais rapidement, des proches et connaissances ont assuré que le suspect n'était pas l'homme recherché, assurant que contrairement au "général", il ne parlait pas arabe et n'avait pas quitté Khartoum pendant plusieurs années.

Le parquet a en revanche évoqué "plusieurs indices à charge", en particulier le téléphone portable et le profil Facebook de l'homme arrêté.

Les analyses vocales comparant la voix de l'homme arrêté et celle du "général" enregistrée plusieurs fois lors d'écoutes téléphoniques n'ont cependant pas permis de trancher dans un sens ou dans l'autre.

Avec AFP

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