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Les prix de l'ivoire en chute libre


Les efforts menés dans le monde pour éliminer le commerce illégal d'ivoire font chuter les prix, a déclaré le responsable de la Convention CITES, convaincu que le marché commençait à s'effondrer.

"Nous voyons le prix de l'ivoire couler", a affirmé John Scanlon, secrétaire général de la Convention sur le commerce international des espères de faune et de flore sauvages menacées d'extinction (CITES).

"Nous assistons au début de l'effondrement du marché", a-t-il déclaré en marge d'une réunion à Genève consacrée au commerce illégal d'animaux.

Le commerce de l'ivoire est interdit, à de rares exceptions, depuis 1989 à la suite de la diminution dramatique de la population d'éléphants d'Afrique, passée de plusieurs millions dans les années 50 à à peine 600.000 à la fin des années 1980.

Mais quelque 30.000 pachydermes continuent à être massacrés chaque année pour alimenter le marché noir de l'ivoire, qui draine des milliards de dollars en Asie.

Les réseaux de mafia, mais aussi certaines milices rebelles africaines à la recherche de revenus, entretiennent cette contrebande.

Mais dans un rapport publié en décembre dernier, l'organisation Sauver les éléphants, basée au Kenya, a annoncé que le cours de l'ivoire brut en Chine avait été divisé par deux en l'espace de 18 mois, chutant de 1.900 euros le kilo à la mi-2014 à 1.000 euros.

Le gouvernement chinois a pris récemment des mesures pour réduire le commerce légal et illégal d'ivoire -- sans toutefois imposer une interdiction totale -- et les consommateurs chinois commencent à prendre conscience de l'impact de ce commerce sur les éléphants d'Afrique.

Selon M. Scanlon, l'effondrement des prix envoie un message clair aux spéculateurs qui entretiennent ce trafic.

Les pays concernés intensifient la lutte contre la contrebande, infligeant des peines de plus en plus sévères aux braconniers, intermédiaires et acheteurs.

Le trafic d'ivoire "est en train de changer, passant d'une activité faiblement risquée et très lucrative à un commerce très risqué et peu rentable", a-t-il souligné, en exprimant l'espoir que la chute des prix puisse contribuer à la disparition de cette contrebande.

Aujourd'hui, l'Afrique ne compte plus que 450.000 à 500.000 éléphants, et dans les zones les plus touchées du centre et de l'ouest, le nombre d'animaux tués dépasse celui des naissances.

"Nous sommes confrontés à des niveaux terrifiants de braconnage et de contrebande", a déclaré à la conférence de la CITES la représentante du Niger, Mariama Ali Omar.

Avec d'autres délégués, elle a appelé à la destruction des stocks d'ivoire et demandé aux Etats qui autorisent encore le commerce de l'ivoire issu d'éléphants domestiques d'"y mettre fin".

"Cela nous aiderait à faire baisser la demande (...) et à empêcher les trafiquants de se servir du commerce légal comme couverture pour écouler leur marchandise", a-t-elle dit.

La réunion de Genève proposera une liste de recommandations qui seront soumises à la Conférence mondiale de la CITES qui se tiendra en septembre en Afrique du Sud.

Avec AFP

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