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Arménie : un policier tué par des opposants retranchés, violences dans la rue


La police antiémeute utilisent des grenades légères au cours des affrontements avec des manifestants anti-gouvernementaux à Erevan, Arménie, 29 juillet 2016.
La police antiémeute utilisent des grenades légères au cours des affrontements avec des manifestants anti-gouvernementaux à Erevan, Arménie, 29 juillet 2016.

Un policier arménien a été tué samedi par les opposants armés retranchés depuis deux semaines dans un commissariat à Erevan, quelques heures après que la police eut menacé de lancer un assaut pour mettre un terme à la crise qui agite cette ex-république soviétique.

"Un tireur embusqué a ouvert le feu depuis le commissariat et a tué un policier (...) qui était assis dans une voiture stationnée à 350-400 mètres de là", a annoncé le porte-parole de la police Achot Aharonian sur Facebook.

Quelques heures plus tôt, les services de sécurité avaient lancé un ultimatum et donné aux preneurs d'otages jusqu'à 13H00 GMT pour se rendre. "Toutes les possibilités raisonnables de règlement pacifique (avaient)été épuisées" après les violences intervenues dans la nuit de vendredi à samedi, ont-ils constaté dans un communiqué.

Soixante-treize personnes ont été blessées et 165 interpellées, dont 26 ont été ensuite placées en détention, à la suite des heurts qui ont éclaté lorsque la police a tenté de disperser le rassemblement, près du commissariat, à l'aide de matraques, bombes fumigènes et grenades incapacitantes.

Des journalistes font partie des blessés et une maison a pris feu dans ce quartier résidentiel.

Des poursuites ont été lancées contre 23 manifestants dont un membre du parti pro-occidental Heritage, Armen Martirossian.

Violences 'excessives'

Dans un communiqué, l'Union européenne a jugé la situation "très inquiétante".

L'ambassade des Etats-Unis à Erevan s'est dite "profondément inquiète des images choquantes et des informations crédibles faisant état de violences et d'un usage excessif de la force par la police", appelant "fermement toutes les parties à travailler sincèrement en vue d'un règlement pacifique de la situation".

En dépit de ces affrontements, plus de 5.000 opposants se sont à nouveau rassemblés samedi soir dans le centre-ville, selon une estimation de l'AFP, en soutien aux opposants retranchés et pour réclamer le départ du président prorusse Serge Sarkissian.

"Emmenez vos proches, vos voisins dans la rue!" a lancé l'opposant Albert Bagdassian. "Notre objectif est de soutenir le groupe contre lequel les services de sécurité ont décidé de lancer l'assaut, de marcher dans les rues, de paralyser le trafic et de montrer que nous n'avons pas peur", a-t-il ajouté.

Une vingtaine de partisans de l'opposant emprisonné Jiraïr Sefilian ont fait irruption dans un commissariat le 17 juillet, tuant un policier, prenant plusieurs personnes en otage et réclamant la démission de Sarkissian.

Deux membres du personnel médical sur les quatre qui étaient entrés dans le bâtiment mercredi pour soigner des blessés, sont toujours retenus en otages.

La zone du commissariat était comme tous les soirs bouclée et gardée par de nombreux policiers décidés à empêcher la foule de tenter de se joindre aux preneurs d'otages.

Arrêté en juin pour détention d'armes, l'opposant Jiraïr Sefilian est accusé d'avoir voulu occuper des bâtiments gouvernementaux et des centres de télécommunications à Erevan.

Critique féroce du gouvernement, il avait déjà été arrêté en 2006 et emprisonné pendant 18 mois après avoir appelé à "renverser le gouvernement par la violence". Il avait aussi été brièvement emprisonné pour tentative de coup d'Etat en 2015.

Ancien militaire, le président Serge Sarkissian, prorusse, a été élu en 2008. Contestée par l'opposition, son arrivée à la tête de l'Etat avait provoqué des émeutes ayant fait 10 morts.

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