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Prêtre égorgé : Abdel Malik Petitjean, récemment entré dans les radars antiterroristes français


Des soldats français patrouillent près de l’église où deux égorgé un prêtre et pris quelques personnes en otage en pleine messe, à Saint-Etienne-du-Rouvray, Normandie, France, 26 juillet, 2016. (AP Photo / Francois Mori)

Des soldats français patrouillent près de l’église où deux égorgé un prêtre et pris quelques personnes en otage en pleine messe, à Saint-Etienne-du-Rouvray, Normandie, France, 26 juillet, 2016. (AP Photo / Francois Mori)

Le second tueur de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray, Abdel Malik Petitjean, décrit par ses proches comme un jeune sans histoires, était apparu dans les radars des services antiterroristes français moins d'un mois avant l'assassinat du prêtre Jacques Hamel.

"T'inquiète pas. Tout va bien, fais dodo. Je t'aime". C'est le dernier texto envoyé à sa mère par le Français de 19 ans. Le jeune homme, qui avait le même âge que son complice Adel Kermiche, et comme lui des origines familiales algériennes, est mort à près de 700 kilomètres de son domicile d'Aix-les-Bains (Alpes), abattu par la police.

Il a été formellement identifié jeudi comme étant la deuxième personne impliquée dans l'attaque mardi de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray (nord-ouest) et l'égorgement du prêtre de 86 ans.

Cet assassinat inédit dans un lieu de culte en France a été revendiqué par le groupe Etat islamique (EI) qui a diffusé mercredi soir une vidéo montrant les deux hommes prêtant allégeance à l'organisation jihadiste.

Abdel Malik Petitjean, qui arbore sur les images une courte barbe, avait empoché un diplôme commercial en 2015 et faisait depuis de l'intérim à l'aéroport de Chambéry (est) ou dans un magasin après avoir enchaîné des stages dans la vente.

Il aimait, selon son curriculum vitae, les films de science-fiction, les jeux vidéo, la musique et la boxe anglaise.

Si Kermiche était radicalisé depuis de longs mois et avait fait de la détention pour avoir tenté d'aller en Syrie en 2015, Petitjean était inconnu de la justice - ce qui a retardé son identification, ses empreintes digitales et son ADN n'étant dans aucun fichier, et son visage ayant été défiguré par les balles de la police.

Mais sa radicalisation avait été récemment signalée: une fiche à son nom a été établie par les services de renseignement le 29 juin pour avoir également tenté de rejoindre la Syrie via la Turquie.

Et Petitjean ressemblait en outre fortement à la photo d'un homme suspecté de préparer un attentat en France, diffusée le 22 juillet - mais sans son identité - aux services français à la suite d'un renseignement venu de l'étranger.

Dans le quartier modeste où il habitait, l'incrédulité prédomine pourtant chez les habitants qui décrivent un jeune parfaitement normal.

Dans son appartement où défilent les journalistes, quelques heures après une perquisition des services antiterroristes, sa mère Yamina Boukezzoula ne voulait pas croire mercredi en la culpabilité de ce fils aux traits encore enfantins.

'Tu me manques grave'

"C'est un bon Français. Il est doux. Je connais mon gamin. Je connais mon fils; il n'est pas impliqué du tout", affirmait-elle, peu avant la confirmation officielle de son implication dans l'assassinat du prêtre.

Né à Saint-Dié-des-Vosges (est) le 14 novembre 1996, Abdel Malik Petitjean a grandi avec ses deux soeurs dans une famille recomposée, d'abord dans l'est de la France avant de déménager à Montluçon (centre) puis à Seynod (Alpes) et enfin à Aix-les-Bains.

Il fréquentait la mosquée près de son quartier, selon le président de l'association qui gère ce lieu de culte, qui l'a reconnu mercredi sur la vidéo diffusée par l'EI dans laquelle Petitjean et Kermiche, barbus, prêtent allégeance en arabe à l'organisation.

"Je l'appréciais beaucoup. On n'a jamais eu de problème avec lui à la mosquée. Pas de remarque étrange, toujours souriant... C'est incroyable! Tous les fidèles sont choqués car ils le connaissaient pour sa gentillesse, son calme. On n'a jamais eu un signe de radicalisation. Qu'est-ce qui s'est passé dans sa tête?", s'interroge Djamel Tazghat, le président de l'association.

"C'est difficile à croire. Il était contre Daech" (acronyme arabe de l'EI), "il n'était pas radical du tout", glisse Hakim, 17 ans, qui se présente comme un ami du jeune homme.

Selon sa mère, Abdel Malik était parti lundi en covoiturage pour, lui avait-il dit, rejoindre un cousin à Nancy (est).

Mercredi après-midi, sa mère s'accrochait encore à ce fils qu'elle croyait connaître, avec un dernier message au téléphone: "Malik, c'est maman, je ne sais pas où t'es. J'ai une mauvaise nouvelle. Rappelle-moi, c'est la police qui est venue. Elle raconte des conneries. J'espère qu'il ne t'est rien arrivé mon fils. Je t'aime, tu me manques grave".

Avec AFP

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