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Pretoria tente un dernier recours dans l'affaire Béchir


Le président soudanais Omar el-Béchir, à droite, au sommet de l'Union africaine à Johannesburg, le dimanche 14 juin 2015.

Le président soudanais Omar el-Béchir, à droite, au sommet de l'Union africaine à Johannesburg, le dimanche 14 juin 2015.

Le gouvernement sud-africain a annoncé avoir saisi la Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, pour contester la décision de justice qui avait estimé fin mars que le refus de Pretoria d'arrêter le président soudanais Omar el-Béchir en 2015 était illégal.

"Le gouvernement a transmis les documents aujourd'hui pour faire appel de la décision de la Cour suprême d'appel (...) concernant le jugement sur le président Béchir", indique un communiqué du ministère de la Justice sud-africain.

Omar el-Béchir est, depuis 2009, recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l'humanité, crimes de guerre et génocide dans le conflit au Darfour (ouest du Soudan), qui a fait plus de 300.000 morts selon l'ONU.

En juin 2015, alors qu'il participait en Afrique du Sud à un sommet de l'Union africaine (UA), un tribunal de Pretoria lui avait interdit de quitter le territoire, dans l'attente d'un jugement définitif. Mais le gouvernement sud-africain avait laissé le président soudanais reprendre son avion, provoquant une vive polémique.

L'Etat sud-africain avait toutefois fait appel de la décision du tribunal de Pretoria. Un appel rejeté en septembre par la justice. Mécontent, le ministère sud-africain de la Justice avait alors saisi une juridiction supérieure, la Cour suprême d'appel.

Mais cette dernière avait à son tour rejeté l'appel de l'Etat sud-africain mi-mars et jugé illégal son refus d'arrêter le président, qualifiant le comportement du gouvernement de "honteux".

"Nous pensons que les incertitudes légales n'ont pas été entièrement résolues par la Cour suprême d'appel, tant en matière de droit international que de droit interne", précise le communiqué du ministère de la Justice vendredi.

La CPI ne dispose pas de ses propres forces de police et compte sur les pays signataires du Traité de Rome, qui a fondé la CPI, pour arrêter les inculpés. L'Afrique du Sud fait partie de ces pays signataires.

Avec AFP

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