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Présidentielle au Bénin : le scrutin se déroule dans le calme


Une femme met son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote de Cotonou, pour la présidentielle béninoise, le 6 mars 2016. (REUTERS/Akintunde Akinleye - RTS9I4A)

Une femme met son bulletin dans l'urne dans un bureau de vote de Cotonou, pour la présidentielle béninoise, le 6 mars 2016. (REUTERS/Akintunde Akinleye - RTS9I4A)

Les Béninois élisent leur président parmi une trentaine de candidats ce dimanche. Le scrutin se déroule pour le moment sans incident majeur.

L'élection du 6 mars est finalement arrivée au Bénin. Les électeurs votaient dimanche dans le calme pour choisir parmi 33 candidats - un record - le successeur du président Thomas Boni Yayi, qui se retire au terme de deux mandats, conformément à la Constitution.

La plupart des bureaux de vote ont ouvert à 7 h 30, a observé la correspondante de VOA Afrique Ginette Fleure Anande.

Selon le général Mathieu Boni, un des responsables d'une plateforme de la société civile qui a déployé plus de 3 000 observateurs dans le pays, "plus de la moitié des bureaux ont ouvert à l'heure (6 h GMT) dans dix des douze départements".

Seuls les départements du Zou et du Plateau (centre) ont connu des retards plus importants pour l'instant, a-t-il spécifié à l'AFP au téléphone. Ce sont aussi les deux Etats où les nouvelles cartes d'électeurs n'ont pu être distribuées avant le premier tour.

"Pour permettre à tous les électeurs de prendre part au vote, les anciennes cartes comme les nouvelles pourront être utilisées pour le scrutin dans tout le pays", avait déclaré samedi à la presse Emmanuel Tiando, le président de la Commission électorale nationale autonome (Céna).

En outre, les nouveaux électeurs majeurs du Zou et du Plateau, qui n'ont pas d'ancienne carte d'électeur, "pourront voter avec leur pièce d'identité à titre exceptionnel", a-t-il ajouté.

Les électeurs veillent au grain

La correspondante de VOA Afrique a noté la présence dans les bureaux de vote d'observateurs des organisations de la société civile, de représentants de la Cour constitutionnelle, et de représentants des différents candidats.

Selon elle, les agents des bureaux de vote "ne maîtrisent pas tellement les subtilités de ce scrutin. Ils sont souvent rappelés à l'ordre par les électeurs. Ils oublient parfois de faire passer le pouce des votants à l’encre indélébile. Mais les électeurs, visiblement plus expérimentés, veillent au grain."

Aucun incident majeur n'a encore été signalé, poursuit notre correspondante Ginette Fleure Anande, "si ce n'est l'arrestation de cinq mineurs dans le nord du pays en possession de cartes d'électeurs et qui s'apprêtaient à voter".

Chef d'une délégation d'observateurs de l'organisation internationale de la francophonie (OIF), le Sénégalais Cheik Tidiane Gadio a estimé en fin de matinée que l'ambiance était "très calme et très sereine".

Cinq candidats favoris

Parmi les cinq favoris, le Premier ministre Lionel Zinsou et deux des plus influents hommes d'affaires du pays, Sébastien Ajavon, "le roi du poulet", et Patrice Talon, "le roi du coton", ont voté à Cotonou, la capitale économique.

Vêtu d'un ample boubou blanc et d'un petit chapeau rond, Lionel Zinsou a voté peu avant midi au collège Océan, dans le quartier Cocotiers de Cotonou, entouré d'une nuée de journalistes de la presse locale et étrangère.

Il était notamment accompagné du vice-président de l'Assemblée nationale, Eric Houndete, une des personnalités de l'opposition qui le soutiennent.

Deux autres poids lourds du scrutin, l'économiste Abdoulaye Bio Tchané et l'ancien Premier ministre Pascal Irénée Koupaki devaient voter dans leurs fiefs respectifs, à Djougou (nord) et Pomassé (sud).

Outre le chômage, notamment des jeunes, la corruption, la santé et l'éducation sont les principaux défis que devra relever le successeur du président Boni Yayi.

Le nord stratégique

Face à un éparpillement des voix au sud, le nord, qui pèse lourd en nombre de voix, représente un enjeu déterminant pour accéder au second tour.

Abdoulaye Bio Tchané, l'enfant du pays, y compte de nombreux soutiens. Mais Sébastien Ajavon bénéficie de l'appui de Rachidi Gbadamassi, un député très influent de la région, et Patrice Talon y a aussi acquis une certaine popularité du temps où il était un acteur incontournable du secteur du coton.

Le scrutin devait être clos à 16H00 (15H00 GMT) et les premiers résultats sont attendus dans les trois jours après le scrutin.

Avec AFP

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