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Pas de quartier entre Clinton et Sanders


Les attaques se font de plus en plus violentes entre les deux prétendants à l'investiture du parti démocrate pour le scrutin de novembre

Quelle mouche a donc piqué Bernie Sanders ? C’est l’interrogation que se font, visiblement étonnés, les proches d’Hillary Clinton face aux attaques de plus en plus virulentes du sénateur du Vermont contre l’ex secrétaire d’Etat et ancienne Première dame devenue candidate à la présidence.

A moins de deux semaines de l'élection primaire présidentielle de New York, Bernie Sanders est allé même jusqu’à associer Mme Clinton au scandale des "Panama Papers" qui défraie la chronique à travers le monde depuis le début de la semaine.

Qu’est-ce qui a changé depuis janvier 2016 ?

Le sénateur du Vermont était jusqu'à présent resté plutôt courtois vis-à-vis de Mme Clinton. Mais il a changé de ton mercredi soir lors d'un meeting à Philadelphie (est) affirmant qu'elle n'était pas "qualifiée" pour devenir présidente, en réponse à des doutes de Mme Clinton sur les propres compétences du sénateur.

Hillary Clinton dans le métro newyorkais (7 avril 2016)

Hillary Clinton dans le métro newyorkais (7 avril 2016)

"Elle a récemment dit que je ne suis […] pas qualifié pour être président", a déclaré M. Sanders. "Laissez-moi dire, en réponse à Mme Clinton, que je ne pense pas qu'elle soit qualifiée, » a rétorqué le candidat socialiste démocrate, arguant que Mme Clinton a reçu des dizaines de millions de dollars de groupes d'intérêts particuliers.

"Je ne pense pas que vous soyez qualifiée si vous recevez 15 millions de Wall Street...

Je ne pense pas que vous êtes qualifiée si vous avez voté pour la guerre désastreuse en Irak (...) Je ne pense pas que vous soyez qualifiée si vous avez soutenu l'accord de libre-échange avec le Panama", a tonné M. Sanders. Il a affirmé que cet accord, soutenu selon lui par l'ancienne secrétaire d'Etat, avait "rendu plus facile, pour les personnes fortunées et les sociétés partout dans le monde, d'éviter de payer des impôts dus à leur pays", comme l'ont révélé les "Panama Papers".

Hillary maintient le cap vers l’investiture…

Mme Clinton, qui a perdu mardi soir les élections primaires du Wisconsin (nord) et veut une victoire éclatante à New York le 19 avril, n'avait pas exactement accusé Bernie Sanders de ne pas être qualifié.

Elle a affirmé mercredi qu'il n'avait "pas travaillé ses dossiers", notamment sur un des thèmes clé de sa campagne, le démantèlement des grosses banques, après une interview de Bernie Sanders au quotidien Daily News. Très vague, il y avait affirmé que ce serait aux grandes banques de décider de comment elles se restructureraient.

Et elle a enfoncé le clou jeudi lors d'une visite dans le Bronx: "c'est important de dire aux gens ce que vous allez faire pour eux, comment vous allez le faire, comment vous pouvez avoir des résultats". "Et je vais continuer à souligner les contrastes".

Le sénateur Bernie Sanders

Le sénateur Bernie Sanders

Bernie Sanders vient de remporter les six dernières consultations électorales chez les démocrates, mais Hillary Clinton maintient une avance presque insurmontable quant au nombre de délégués à la convention du parti, l’été prochain. Une défaite à New York ne serait pas forcément catastrophique, mais cela renforcerait davantage le discours de Sanders qui veut faire croire aux gros bonnets du parti qu’il est éligible et qu’ils devraient penser à le soutenir.

Ces attaques violentes entre les deux candidats à l’investiture démocrate laissent augurer d’un débat très animé le 14 avril à Brooklyn, à cinq jours de l’échéance tant attendue dans les deux camps. C’est, en effet, la primaire la plus importante en termes de délégués jusqu'à celle de Californie en juin.

Un récent sondage Quinnipiac donne 54% des intentions de vote à Mme Clinton dans l'Etat de New York, contre 42% à Bernie Sanders.

Avec AFP

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